À Quimper, dans la rue René-Madec, les inondations se sont intensifiées depuis le début de l'année 2026. Ce vendredi 23 janvier, des commerçants se retrouvent à nettoyer leurs locaux pour la troisième fois dans la semaine. Éreintés par cette situation, ils expriment leur crainte pour les jours à venir.
"C'est la troisième fois, en trois jours", déclare Denis, qui s'affaire à nettoyer son local à louer. "Je me suis retrouvé avec trois à cinq centimètres d'eau ce matin," ajoute ce quinquagénaire, visiblement fatigué par cette routine.
Un sentiment partagé par tous les commerçants de la rue, qui font face à des inondations de plus en plus fréquentes et dérangeantes. Ce n'est pas beaucoup, mais ça devient pénible.
Juste à côté, Laurent Pozzo Di Borgo, propriétaire de l'unique épicerie corse de Bretagne (Aux saveurs Corses), a investi 2 500 € dans un système de protection contre les inondations. "Il y a un mécanisme qui bloque sur les côtés pour maintenir la pression; j'ai même adapté l'entrée de mon magasin," explique-t-il fièrement. Bien qu'il ait réussi à garder son magasin sec ce jour-là, il demeure préoccupé pour l'avenir."En mars, avec les grandes marées, si la pluie persiste en février, cela risque de devenir critique," assure-t-il, tandis qu’il a surélevé son équipement sur des palettes pour limiter les dégâts. "Une dizaine de centimètres d'eau, et je sais que mes machines seront perdues."
Gaëlle Gouriou, gérante de la boutique Afriqu'Import, n'en est pas à sa première expérience avec les inondations. "J'ai connu la crue du siècle en décembre 2000, où l'eau a monté à 1.50 mètres. Mon parquet flottant était devenu... flottant," confie-t-elle. Elle a dû changer son sol en carrelage et surélever ses meubles. Toutefois, chaque alerte ravive en elle un traumatisme. "Oui, j'ai peur. Quand on a connu ça, on se demande toujours : où l'eau s'arrêtera-t-elle ? Ça me fait flipper," ajoute-t-elle, avec une sincérité déchirante.
Alors que les changements climatiques amplifient les risques d'inondations, la communauté locale semble faire face à un défi de taille, et la vigilance est de mise dans les semaines à venir.







