En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, un événement marquant fait écho dans les casernes : cela fait cinquante ans que les femmes ont officialisé leur entrée dans le corps des sapeurs-pompiers. Bien que leur présence s'accroisse, elle demeure en réalité minoritaire dans de nombreuses régions, notamment en Corse-du-Sud.
Le Service d’Incendie et de Secours de Corse-du-Sud a organisé une table ronde pour célébrer cette date significative. Actuellement, dans l'île, on ne dénombre que huit femmes parmi 222 sapeurs-pompiers professionnels. En revanche, chez les sapeurs-pompiers volontaires, le nombre de femmes atteint 198 sur 972, représentant environ 25 % des effectifs.
Une intégration difficile pour les pionnières
Les premiers pas de ces femmes dans le métier n'ont pas été simples. Juliette Poggi, la première femme sapeur-pompier volontaire en Corse, se souvient de son intégration en 1977. "Il y avait quelques réticences de la part des jeunes", confessait-elle, témoignant d'une époque encore profondément marquée par des stéréotypes de genre. Pourtant, elle a réussi à s'imposer grâce, notamment, à son caractère fort. "Les mentalités ont évolué avec le temps", ajoute-t-elle.
Une féminisation en marche
Aujourd'hui, certaines femmes occupent des postes de responsabilité, comme Gabrielle Jouvenel-Mufraggi, sapeur-pompier professionnelle à Ajaccio. Son expérience dans un environnement rural lui a permis de découvrir les avancements réalisés pour favoriser la mixité. "Des aménagements ont été mis en place pour accueillir les femmes dans les casernes", souligne-t-elle, constatant une amélioration au fil des ans.
Gabrielle insiste sur le fait que le professionnalisme et l'exigence, plutôt que le sexe, devraient primer dans ce métier. "C'est la compétence qui doit prévaloir", rappelle-t-elle. Elle applaudit également l'initiative d'adapter les équipements aux morphologies féminines, témoignant d'une progression vers une plus grande égalité.
En somme, malgré un chemin encore semé d'embûches, ces femmes sapeurs-pompiers montrent que la mixité progresse dans un environnement souvent considéré comme traditionnellement masculin. En adoptant des mesures concrètes pour leur intégration, il est à espérer que les 50 prochaines années verront une parité plus complète dans les rangs des sapeurs-pompiers.







