Près de 24 000 communes sur les 35 000 que compte la France proposent uniquement une seule liste pour les élections municipales. Bagnac-sur-Célé ne fait pas exception, un phénomène amplifié par l’interdiction de panacher et l’obligation de parité. Toutefois, il fut un temps où la concurrence électorale battait son plein.
Pour illustrer cela, deux affiches décorent aujourd’hui l’entrée du bureau d’accueil de la mairie, rappelant l’élection du 5 mai 1929. La première d'un humour bien particulier, intitulée "Tête et queue", a été placardée à la va-vite la nuit précédant le premier tour. Émanant d'un prétendu "groupe socialiste", on suppose qu’elle a été orchestrée par le farouche adversaire du futur maire, Henri Bouyssou. Ce dernier, élu le 9 mai 1929, est resté en fonction jusqu’en 1942, lorsque le régime de Vichy impose des représentants nommés par les préfets.
Henri Bouyssou, affublé de l’étiquette des Républicains, était également le père d’Alice Roques, qui tenait un magasin d’habillement à l’angle du foirail. À l’occasion de l’élection intermédiaire du 11 mai 1935, les pamphlets n’ont cessé d’affluer, souvent signés par Monsieur Camy-Trille, propriétaire d’un bar à l’entrée de Bagnac en venant de Figeac. Pour les élections des 12 et 19 mai 1935, Camy-Trille poursuit ses critiques acerbes contre le maire Bouyssou, déclarant : "Pour terminer, j’ai vu avec attendrissement qu’il en mettait un coup (le maire), seulement au lieu de fluctuer, il a merdituré."
Ce rédacteur cynique concluait : "Bagnac tente de se moderniser sans un coup de gouvernail. Exemples de modernisations à l’endroit et à l’envers : Maurs l’antique est devenue Maurs-la-Jolie, Monsieur Bouyssou est devenu le tracteur ; Lacapelle-Bagnac, devenu Bagnac aura bientôt son nom sur les guides touristiques sous l’appellation de Bagnac-la-Merde."
O tempora, o mores ! (Autre temps, autres mœurs !) Cette nostalgie pour un passé révolu met en évidence non seulement l'évolution des pratiques électorales, mais aussi les enjeux qui demeurent d'actualité, comme en témoigne les échanges récents sur la plateforme de communication du journal local, La Dépêche, où des citoyens s'interrogent sur l'absence de diversité des candidats dans le paysage politique contemporain.







