Les métros du Caire, capitale égyptienne, possèdent depuis 1989 des wagons exclusivement réservés aux femmes, garantissant une certaine sécurité lors des trajets. Selon le quotidien Die Tageszeitung, cette initiative pourrait intéresser des villes comme Berlin. La journaliste Nicole Opitz souligne l'importance de ce modèle face aux problèmes de harcèlement.
Récemment, une vidéo, relayée par plusieurs médias, a captivé l'attention du public égyptien. Elle montre l’actrice Mariam Shawky confrontant un homme qui l'a harcelée dans un bus. Bien que certains passagers aient pris la défense de l'agresseur, Shawky a reçu des menaces de mort. Une enquête menée par ONU Femmes en 2013 révèle que “près de 87 % des femmes se sentent vulnérables dans les transports publics du Caire”, comme l’indique la TAZ.
Alors que le Caire n'offre pas encore de bus réservés, ses métros au fonctionnement non mixte permettent aux femmes de voyager en toute tranquillité. Opitz affirme que cela favorise un environnement communautaire, où les femmes s'entraident et prennent soin les unes des autres.
Sécurité et solidarité
Reem Ashraf, 23 ans, partage des impressions similaires. Dans les wagons mixtes, elle se sent souvent obligée de rester debout, en raison du manque de place. En revanche, dans les voitures réservées aux femmes, une atmosphère de solidarité se créée :
“On s’assoit les unes à côté des autres, même quand il n’y a pas beaucoup de place, et ça fait du bien, on se sent en sécurité.”Cette dynamique fait écho aux témoignages de Fatima Youssif, 42 ans, réfugiée soudanaise, qui souligne la différence de traitement dans ces espaces sécurisés.
Au début de février, la députée égyptienne Marwa Bouris a rejoint le collectif Women of Egypt pour promouvoir l’extension des compartiments réservés aux femmes, actuellement limités à certains horaires. Nicole Opitz soutient cette initiative, soulignant qu’elle se sent plus en sécurité dans ces compartiments. “Je souhaiterais que Berlin mette également en place des voitures réservées aux femmes, aux personnes LGBTQ+ et aux personnes transgenres,” conclut-elle.







