Emmanuelle Laurens, enseignante au CDAV, souligne la complexité du handicap auditif : “L'opinion générale peut parfois sous-estimer la situation, en pensant qu'un enfant équipé d'un implant ou d'appareils auditifs écoute correctement. Mais la réalité est plus nuancée. De nombreux enfants, même implantés, se retrouvent face à une langue qu'ils n'ont jamais entendue. Notre rôle est de leur fournir les clés de communication nécessaires pour s'intégrer dans le système scolaire.”
Mobilisation en cours
Après une distribution de tracts vendredi dernier devant l'inspection académique de Haute-Corse, un rassemblement est prévu ce lundi à 15h, devant la préfecture de Haute-Corse. Pascal Vivarelli, président des PEP 2B, rappelle que “le CDAV n'est pas un hôpital, mais un centre conventionné avec l'éducation nationale, essentiel pour l'apprentissage et l'inclusion de ces enfants”. Le souci est croissant : les difficultés déjà éprouvées par ces jeunes ne doivent pas être aggravées par la réduction des ressources
Inquiétudes des parents
Les enseignants et les parents, comme Laure, mère d'un élève de 11 ans, expriment leurs craintes face à cette décision. “Le soutien du CDAV est vital pour mon fils, en difficulté d'apprentissage, en particulier en français. Réduire ce soutien pourrait sérieusement compromettre ses chances de réussite au collège,” confie-t-elle, comparant la situation à celle des enfants malvoyants qui bénéficient de lunettes. “L’audition ne se résume pas à entendre des sons; comprendre une langue demande une approche bien plus complexe.”
Du côté du rectorat, on fait savoir que “rien n'est encore décidé, tout est en cours d'évaluation”. Cette déclaration pourrait apporter un répit temporaire, mais les incertitudes demeurent quant à l'avenir des postes essentiels pour ces élèves.







