Ce vendredi 27 mars, le tribunal administratif de Bastia a confirmé le rejet du projet de centre d'enfouissement à Giuncaggio proposé par la société Oriente Environnement. Cette décision du tribunal s’appuie sur des préoccupations en matière de biodiversité et confirme l'évaluation du préfet de Haute-Corse qui avait jugé que la dérogation environnementale n'était pas justifiée. Le projet, qui date de 2016, visait à créer deux installations, destinées à stocker des déchets non dangereux et des terres amiantifères, avec des capacités prévisionnelles de 100 000 et 70 000 tonnes par an sur une durée de trois décennies.
Biodiversité et intérêt public au cœur du rejet
Dans son jugement, le tribunal a énoncé que le préfet avait raison de déclarer qu'il n'existait « aucune raison impérative d’intérêt public majeur ». Cette conclusion souligne que le site projeté abrite plusieurs habitats d'intérêt communautaire, et que l'implantation d'un tel centre risque d'endommager l'état de conservation des espèces locales. De plus, l'absence de solutions alternatives viables a été un facteur déterminant dans cette décision. L'avis négatif précédemment émis par le Conseil national de la protection de la nature a également pesé sur le verdict final.
Le collectif Tavignanu Vivu, qui s'est opposé fermement au projet, a été entendu par le tribunal. Depuis 2019, ce groupe a alerté les autorités, y compris Emmanuel Macron, sur les impacts environnementaux potentiels pour la population et l'économie régionale, en raison de la proximité du fleuve Tavignano.
Une impasse persistante sur les déchets
Ce nouvel obstacle relance le débat sur la gestion des déchets en Corse, où la situation demeure délicate. Avec environ 365 000 habitants, l'île ne dispose que de deux centres d'enfouissement, souvent en surcapacité et soumis à des réquisitions préfectorales. Un centre de tri est en cours de construction à Monte, prévu pour être opérationnel en 2027, afin de mieux gérer les déchets. Cependant, jusqu'à la mise en service de cette installation, il n'existe pas de solutions durables, et les besoins opérationnels semblent en conflit avec les impératifs environnementaux.







