À l’issue de deux jours de négociations sur la réforme des retraites, le Premier ministre a annoncé un calendrier clair. Si les décisions définitives sont attendues après la grève, des marges de manœuvre semblent émerger.
La stratégie gouvernementale reste ferme : un rapport de force est à prévoir. Édouard Philippe, lors de son intervention après le conseil des ministres du 27 novembre, a précisé que les arbitrages ne seront annoncés qu’après le 5 décembre, mais avant Noël, probablement autour du 20 décembre. Le Premier ministre a déclaré qu’il dévoilerait, en détail, le projet qui sera soumis au Parlement au début de l’année 2020.
En attendant, les concertations continueront jusqu’au 9 ou 10 décembre, avec une présentation des conclusions par Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites. Édouard Philippe a réaffirmé : "Nous ne transigerons pas sur l’objectif" de créer un système universel de retraite, comme promis par Emmanuel Macron.
La clause du grand-père sur la sellette
Lors d’un séminaire rassemblant les ministres, prévu le 1er décembre, le gouvernement devra définir ses "grandes orientations" concernant la réforme. Cela inclut la identification des enjeux sur lesquels le gouvernement ne compte pas négocier, tout en restant ouvert au dialogue sur d'autres points. Un député de la majorité a souligné l'immobilisme ressenti au sein du gouvernement.
Bien que les détails concernant les points ouverts à négociation seront confirmés lors du rendez-vous de dimanche, des éléments préliminaires ont été partagés avec les parlementaires le 26 novembre. La "clause du grand-père", dans son application générale, pourrait être abandonnée suite à un intense lobbying de jeunes parlementaires LREM, qui estiment injuste que la réforme ne s'applique qu'à leur génération.
Une applicabilité glissante
La "clause du grand-père" pourrait être remplacée par une "applicabilité glissante" de la réforme. Selon Édouard Philippe, le nouveau système de retraites pourrait entrer en vigueur progressivement, permettant des adaptations selon les secteurs d'activité. Cette approche vise à faciliter la transition pour certains corps de métiers.
De plus, le gouvernement envisage des moyens pour compenser la disparition des régimes spéciaux, notamment dans l'éducation. Bien que les détails précis de ces compensations restent à déterminer, elles pourraient inclure une revalorisation salariale pour les enseignants, afin de contrebalancer la fin de leurs régimes de retraite spéciaux.
Des signes d’ouverture en faveur de la CFDT
Suite au conseil des ministres, Édouard Philippe a aussi évoqué des pistes de compromis, notamment concernant les droits familiaux, l'emploi des seniors et le cumul emploi-retraite. Selon un député, le gouvernement manifeste plusieurs signes d'ouverture, en particulier en faveur de la CFDT, notamment sur la question des retraites progressives.
Cependant, des "mesures d’âge", comme le report de l'âge de départ à la retraite, restent délicates. La CFDT considère ce point comme crucial, et le gouvernement pourrait hésiter à clarifier sa position. Édouard Philippe a affirmé que le besoin d'un travail supplémentaire pour maintenir l'équilibre du système de retraites sera incontournable, mais il aspire à le faire de manière progressive et apaisée.
Ces rencontres successives montrent la détermination du gouvernement à avancer sur la réforme. "La réforme se fera", a déclaré un parlementaire de premier plan, soulignant la volonté de changement.







