La mouche de l'oignon (Delia antiqua) est un véritable fléau pour les jardiniers amateurs. Elle se révèle tout aussi destructrice que la mouche mineuse du poireau et la mouche de la carotte, rendant les cultures d'oignons particulièrement vulnérables. La prolifération rapide de cet insecte complique la lutte contre ce ravageur.
Présentation de la mouche de l'oignon
Classée parmi les diptères de la famille des Anthomyiidae, la mouche de l'oignon mesure environ 6 à 7 mm. Elle ressemble à une mouche domestique, avec des yeux bruns, un corps gris orné de poils noirs et cinq bandes grises. Ses pattes noires et ses ailes transparentes se rejoignent au-dessus de son abdomen lorsqu'elle est au repos.
Sa reproduction est redoutable : en une seule année, trois générations peuvent émerger. Une femelle est capable de pondre jusqu'à 200 œufs durant sa vie d'un mois. Avec l'arrivée des températures plus clémentes au printemps, les femelles pondent leurs œufs, essentiellement au pied des tiges d'oignons, sous la surface du sol. Les larves, qui eclosent, mesurent de 6 à 8 mm, sont de couleur crème et se dirigent vers les bulbes d'oignon pour se nourrir.
La mouche de l'oignon connaît un cycle de reproduction intense avec des pics d'activité en avril-mai, juillet et septembre, avant d'hiberner sous forme de pupe jusqu'à la saison suivante.
Les dommages sont souvent importants, tout particulièrement sur les jeunes plants, entraînant jaunissement, flétrissement et dépérissement complet. Même les oignons plus mûrs peuvent être affectés par les galeries que creusent les larves, provoquant ainsi des pourritures.
Stratégies de lutte contre la mouche de l'oignon
Pour prévenir les attaques de la mouche de l'oignon, une solution efficace est de couvrir les jeunes plants d'un voile anti-insectes dès le semis. Cela empêche les mouches d'accéder aux semis pour y pondre leurs œufs. Il est crucial de veiller à ce que le filet ne touche pas les feuillages en croissance, ce qui pourrait favoriser de nouvelles ponction.
Les pulvérisations de répulsifs naturels comme le purin de tanaisie, de rhubarbe ou de fougère, appliquées durant les périodes critiques, peuvent également être bénéfiques. L'installation de pièges chromatiques englués jaunes s'avère également efficace pour attirer et capturer les insectes.
Une bonne pratique est la culture d'associations bénéfiques, telles que planter des carottes autour des oignons, qui ont la réputation de repousser la mouche. Une rotation des cultures est également conseillée pour maintenir un sol sain et éviter la réinfection. En cas d'infestation, il est recommandé de retirer les plants touchés immédiatement, sans les mettre au compost, afin d'éviter la propagation.
(crédit photo : Judy Gallagher - CC BY 2.0 et photo : Rasbak - CC BY-SA 3.0)







