Démocratisée aux États-Unis, la pratique d'emporter les restes de son repas fait son chemin en France, y compris dans des établissements de prestige.
Initialement, le "doggy bag" était un moyen d'emporter les restes de son repas, souvent justifié par le fait de nourrir son chien. Aujourd'hui, cette pratique, qui prend de l'ampleur, vise principalement à lutter contre le gaspillage alimentaire. Si elle est courante dans de nombreux pays anglo-saxons, elle commence à faire son apparition dans la gastronomique française, y compris dans des restaurants étoilés. D’ailleurs, de nouveaux termes comme "gourmet bag" ou "box anti-gaspi" émergent, mais la question subsiste : est-il vraiment approprié de repartir d’un restaurant triplement étoilé avec ses restes ?
Le cadre légal
La loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, entrée en vigueur le 11 février 2016, recommande aux restaurateurs d'offrir la possibilité d'un doggy bag. Toutefois, elle ne les y oblige pas. Bien que cette législation incite à revoir leur politique, le doggy bag peine à s'imposer en France. Denis Courtiade, directeur de salle au restaurant Alain Ducasse au Plaza Athénée, souligne que cette pratique ne fait pas partie de notre culture gastronomique, où les portions sont généralement plus petites et plus raffinées.
Luxe et expérience culinaire
Denis Courtiade fait état d'une demande croissante dans son restaurant. "Nous répondons à cette demande avec des solutions élégantes, adaptées à l'image de notre établissement", explique-t-il. Des contenants soignés sont utilisés pour emporter des plats gastronomiques. Pour Francis Attrazic, président de l'Association française des maîtres restaurateurs, il existe un fossé entre haute gastronomie et doggy bag, une pratique perçue comme peu compatible avec une expérience culinaire d'exception.
Christophe Saintagne, chef du restaurant Papillon, insiste sur l'importance de gérer les quantités en amont pour réduire le gaspillage. Selon lui, la véritable éducation du consommateur ne devrait pas nécessairement passer par l'obligation de proposer des doggy bags, mais par une sensibilisation à ces questions.
Risques d'hygiène et responsabilités
Les professionnels s'accordent à dire qu'il y a des enjeux d'hygiène avec les doggy bags. En effet, un plat laissé au soleil peut devenir un risque pour la santé. Denis Courtiade s'interroge aussi sur la responsabilité légale des restaurateurs en cas d'intoxication alimentaire après consommation hors de leur établissement. Ce paradoxe demeure une question ouverte dans le paysage culinaire français.







