Le savon de Marseille est reconnu comme l'un des savons les plus emblématiques, surpassant même le savon noir. Avec sa réputation de produit naturel, écologique et simple, il est essentiel de bien lire les étiquettes, car ses formulations varient et toutes ne conviennent pas aux usages domestiques. Plongeons dans son histoire, ses avantages et ses inconvénients pour mieux comprendre ce classique.
Histoire du savon de Marseille
Depuis le XIVe siècle, des savonniers opèrent dans la région de Marseille, profitant des oliveraies locales pour s'approvisionner en huile d'olive. Plus tard, l'essor du commerce maritime avec l'Afrique et le Moyen-Orient élargit leur éventail d'huiles, mais la qualité du savon en pâtit quand ils commencent à utiliser des graisses animales pour réduire les coûts. L'édit de Colbert en 1688 joue un rôle essentiel en interdisant cette pratique pour garantir l'authenticité du savon de Marseille, en stipulant que seules les huiles d'olive doivent être utilisées.
Le XIXe siècle marque l'apogée de l'industrie savonnière marseillaise, mais la Première Guerre mondiale et la mécanisation, suivies de l'explosion des détergents chimiques après la Seconde Guerre mondiale, entraînent un déclin. Aujourd'hui, le savon de Marseille connaît une résurgence grâce à l'engouement pour des produits plus naturels et moins nuisibles pour l'environnement. Mais qu'est-ce qu'il contient vraiment au XXIe siècle ?
Composition du véritable savon de Marseille
Chaque année, des reportages mettent en lumière les faux savons de Marseille sur les marchés provençaux. En mars 2003, la DGCCRF a validé une définition claire du véritable savon : il doit être fabriqué par saponification à chaud d'huiles d'origine végétale, sans parfums ni colorants. La composition requiert un minimum de 15% d'huiles végétales et un taux d'acides gras supérieur à 63%.
Pour simplifier, le véritable 'savon de Marseille brut' doit se composer uniquement de quatre ingrédients : au moins 72 % d'huiles végétales, de la soude, de l'eau et du sel marin. Aucune ajout superflu n'est permis. Les savonneries traditionnelles se regroupent en l'Union des Professionnels du Savon de Marseille, s'engageant à respecter cette charte de qualité.
- Composition : Minimum 72% d'huile végétale, soude, eau et sel marin.
- Fabrication : Suivant le 'Procédé Marseillais', qui inclut cinq étapes précises de saponification.
- Origine : Exclusivement fabriqué dans les Bouches-du-Rhône.
Attention aux contrefaçons ! En lisant l'étiquette, vérifiez les termes internationaux :
- sodium olivate, sodium palmate, sodium cocoate pour huiles végétales,
- aqua pour l'eau,
- sodium hydroxyde pour la soude,
- sodium chloride pour le sel.
Le savon de Marseille : un allié polyvalent pour la maison
Le savon de Marseille est devenu un incontournable pour l'entretien ménager grâce à sa polyvalence. Voici quelques utilisations pratiques :
Détacher le linge
Pour traiter les taches, frottez simplement la zone avec le savon humidifié avant de lancer un cycle de lavage. Pour les taches tenaces, il est conseillé de laisser agir quelques minutes.
Lavage du linge
Pour des textiles délicats ou des lessives à la main, le savon de Marseille est idéal. Pour une lessive en machine, préparez en mélangeant :
- 1 litre d'eau bouillante,
- 40g de savon de Marseille râpé,
- 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude,
- 10 gouttes d'huile essentielle (lavande ou autre).
Mélangez et utilisez 1 à 2 verres par lavage de 5 kg.
Nettoyage de la maison
Dilué dans un peu d'eau, le savon de Marseille peut nettoyer de nombreuses surfaces tels que sols, sanitaires et plans de travail. Il sert également à désinfecter l'intérieur des meubles, éloignant ainsi les mites.
Bien qu'hypoallergénique, il peut être irritant pour les peaux sensibles, adapté principalement pour le lavage des mains plutôt que pour le corps. Enfin, bien qu’économique, son processus de fabrication, énergivore, ne doit pas être sous-estimé.







