Ce mardi, les pêcheurs ont décidé de bloquer les principaux ports de Corse, dont ceux de Bastia, Ajaccio et Porto-Vecchio, afin de dénoncer la « spirale mortifère » de l’augmentation des prix des carburants. La situation est exacerbée sur l'île où les prix sont déjà plus élevés qu'en métropole, un problème aggravé par le conflit au Moyen-Orient.
Appelés par un nouveau syndicat dédié à la défense des pêcheurs corses, de nombreux bateaux se sont ainsi amarrés dans les ports de Propriano, L’Île-Rousse, Bonifacio, en rendant toute opération maritime impossible. Parmi eux, un navire de Corsica Linea, transportant passagers et marchandises depuis Marseille, a été contraint de rester à l'arrêt dans le golfe d'Ajaccio.
« Notre objectif est de mettre un terme à cette spirale d'augmentation du gazole », a déclaré Joseph Sanna, porte-parole du syndicat, lors d'un entretien avec l'AFP. Selon l’observatoire du carburant Amarrée, le prix du litre de gazole détaxé a atteint 1,09 euro le 2 avril, contre seulement 64 centimes un mois auparavant, en pleine crise énergétique.
Alors qu'une mobilisation plus large des pêcheurs méditerranéens avait été envisagée par les comités du sud-est de la France, ils ont finalement décidé de privilégier le dialogue avec le gouvernement. Cependant, pour Joseph Sanna, il est impératif de maintenir la pression. « La situation est déséquilibrée. Les pêcheurs de la région paient le carburant beaucoup plus cher que ceux du continent », a-t-il précisé.
Un ultimatum pour un protocole d'accord
« Nous allons mettre les pieds dans le plat une fois pour toutes : il est crucial de rétablir l'équilibre entre le prix du carburant en Corse et sur le continent », a insisté Sanna. Le syndicat demande un « protocole d'accord » urgent. « Si une solution n’est pas trouvée d’ici aujourd'hui, les blocages continueront aussi longtemps qu'il le faudra », a-t-il averti.







