La date clé du 18 avril, avancée par Éric Trappier, le PDG de Dassault, pourrait marquer un tournant dans le développement du Système de combat aérien du futur (SCAF). Lors d'un événement au Point, il a déclaré : "On se donne encore un petit peu de temps, deux ou trois semaines, pour trouver un accord entre Français et Allemands, notamment entre Dassault et Airbus. On se reverra le 18 avril."
Mais qu'en est-il réellement du SCAF à l’heure actuelle? Ce projet prometteur, doté d'un budget de 100 milliards d'euros, est encore loin de se concrétiser, se limitant pour l'instant à une maquette. Depuis son lancement en 2017, le SCAF a rencontré divers obstacles, principalement dus à des désaccords entre Airbus et Dassault. L'objectif est de remplacer le Rafale français par un système intégrant un avion de combat de sixième génération associé à des drones interconnectés.
Toujours aucun démonstrateur en vol
Au cœur du projet, le NGF (New Generation Fighter) se veut un avion de combat capable de rivaliser avec le J-36 chinois et le F-47 américain. À ce jour, cependant, aucun démonstrateur n’a encore pris son envol. Des centaines d'ingénieurs, issus de Dassault Aviation, Airbus Defence and Space, et Safran, travaillent sur des technologies essentielles comme l'intelligence artificielle et la furtivité, mais ces efforts demeurent pour l'instant concentrés sur la conception de maquettes et de briques technologiques.
Le rapport d'information du Sénat publié en juillet 2020 envisageait le lancement de démonstrateurs à horizon 2025, mais cette ambition demeure incertaine.
Des besoins différents entre Paris et Berlin
Le passage à la phase 2 du projet, qui doit inclure le développement d'un démonstrateur et des drones connectés, n'a toujours pas été validé. Un accord sur la gouvernance est fondamental pour avancer, notamment pour définir les responsabilités de Dassault, Airbus Allemagne et Airbus Espagne. Les exigences divergentes des armées française et allemande contribuent également aux tensions. Comme l’a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, "Les Français ont besoin d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions, ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande."
Airbus a exprimé des préoccupations sur les compétences de Dassault, affirmant que "Dassault s'est disqualifié", rendant l'avenir du NGF difficile à envisager. Dans un courrier à Emmanuel Macron, Mike Schoellhorn, le patron d'Airbus Defence & Space, a même proposé d'évaluer une "approche à deux chasseurs" pour dissocier les exigences les plus critiques. Cette initiative, souhaitée par Emmanuel Macron, entend rapprocher les deux industriels afin de garantir un projet viable pour l'avenir commun de la défense européenne.







