Le groupe aérien européen Lufthansa a révélé une réduction de ses opérations, notamment avec la cessation des activités de sa filiale CityLine. Cette mesure est une réponse directe à l'augmentation vertigineuse des coûts du carburant et à l'impact des grèves, a-t-il affirmé jeudi.
Lufthansa a indiqué qu'il allait également alléger sa flotte de moyens et longs courriers. Les coûts du kérosène, qui ont plus que doublé par rapport à la période précédant le conflit en Ukraine, ont conduit le groupe à cette décision stratégique.
La fermeture imminente de CityLine, reliant Francfort et Munich par le biais de vols court-courriers, a été qualifiée de "douloureuse" par Till Streichert, le directeur financier du groupe. "C'était une étape que nous avions déjà planifiée, mais la rapidité de cette mise en œuvre était inattendue", a-t-il ajouté.
Le syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit (VC), qui a déjà organisé plusieurs grèves cette année, a condamné cette décision, la jugeant insensible au sort des employés. Andreas Pinheiro, président du syndicat, a déclaré : "Les raisons géopolitiques que l'on invoque ne sont pas convaincantes puisque nos concurrents ne réduisent pas leur capacité à ce point."
Lufthansa prévoit de réaffecter les employés touchés au sein du groupe, qui comprend également Eurowings, Austrian et Swiss. En tout, 27 avions de CityLine, jugés trop vieux et coûteux, seront retirés de la circulation, entraînant une réduction de cinq avions pour la flotte moyen-courrier de Lufthansa d'ici cet hiver.
Concernant les capacités long-courrier, le groupe prévoit de retirer six avions, notamment des Airbus A340-600 et des Boeing 747-400, qui consomment beaucoup de carburant. Gerald Wissel, expert en aviation, a commenté cette stratégie, soulignant qu'il s'agit d'une décision logique face à l'urgence environnementale et économique.
À l'inverse, Lufthansa a annoncé que neuf avions seraient redéployés vers sa filiale Discover Airlines pour compenser cette réduction.
Le groupe a noté qu'il couvre 80 % de sa consommation de kérosène, mais que l'augmentation des coûts sur le marché pour les 20 % restants a eu un impact considérable sur ses opérations. En conséquence, ce plan devrait réduire d'environ 10 % ses besoins en carburant coûteux.
Les grèves ont aussi été soulignées comme un facteur aggravant par Lufthansa, qui a souffert de plusieurs interruptions au début de l'année. Les mouvements sociaux récents ont également conduit à l'annulation de milliers de vols en Allemagne.
Pour M. Pinheiro, ces décisions pourraient être liées aux tensions sociales croissantes, suggérant que la direction cherche à imposer des conditions plus strictes aux syndicats. Cependant, M. Wissel a averti que de telles mesures pourraient exacerber les conflits, rendant les négociations encore plus difficiles.
Enfin, le groupe a annoncé l'intention de réduire encore ses coûts administratifs, y compris un gel des recrutements et des économies sur les services externes, complétant ainsi son plan de suppression de 4 000 postes d'ici 2030.
Ces annonces interviennent juste après les célébrations du centenaire de Lufthansa à Francfort, un événement de prestige perturbé par des manifestations du personnel. Confrontées à cette crise inédite depuis le début de la pandémie de Covid-19, d'autres compagnies aériennes ont également commencé à augmenter les tarifs et réduire leurs services.







