De La France insoumise aux Socialistes, la gauche a demandé, jeudi 16 avril 2026, des explications au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur la « surveillance extrêmement poussée » dont Rima Hassan a été victime, selon les révélations de Mediapart.
Suite à la publication d'un article par Mediapart attestant d'une « surveillance extrêmement poussée » visant la députée européenne LFI Rima Hassan, de nombreux députés de gauche ont interpellé le ministre Laurent Nuñez à l'Assemblée nationale.
« Monsieur le ministre, pouvez-vous nous éclairer sur les raisons qui ont conduit à la surveillance de la députée Rima Hassan ? […] Il n'est pas acceptable qu'une élue de la République soit suivie ainsi », a dénoncé le député LFI Arthur Léaument. La présidente du groupe insoumis, Mathilde Panot, a qualifié ces révélations de « plus que préoccupantes », tandis que le coordinateur Manuel Bompard a parlé d'« abus d'État ».
« Nous venons d'apprendre qu'elle a été géolocalisée pendant plus d'un mois, avant même le tweet controversé qui a conduit à sa garde à vue. Monsieur le ministre, quelle est votre définition de la liberté individuelle et du respect envers les parlementaires ? », a ajouté la députée écologiste Sandrine Rousseau.
« C’est une procédure judiciaire »
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a voulu que le ministre réponde aux interpellations des Insoumis, affirmant que « la question de la légitimité de la surveillance d'une élue de la République est cruciale ».
En réponse, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que cette surveillance faisait partie d'une enquête judiciaire ouverte pour apologie du terrorisme et que « des enquêtes doivent être menées sous l'autorité de la justice ». « C'est une procédure judiciaire, et il est essentiel de respecter l'État de droit et la séparation des pouvoirs », a-t-il précisé.
Alors que le député LFI Ugo Bernalicis accusait le ministre d’avoir « détourné les services de renseignement à des fins politiques », Nuñez a contesté cette allégation, affirmant que « le renseignement territorial ne traite pas de sujets politiques ».
D'après Mediapart, le téléphone de Rima Hassan a été géolocalisé, retraçant ses déplacements antérieurs à l'ouverture de l'enquête, en dépit de son statut d'élue.
Garde à vue de Rima Hassan : elle dénonce des « manquements »
Quinze jours après des fuites pouvant affecter sa réputation lors de sa garde à vue, Rima Hassan a décidé de saisir la Défenseure des droits pour signaler des « irrégularités » dans le traitement dont elle a été l'objet. Elle évoque également un emploi du temps surveillé sur plusieurs mois, laissant planer un doute sur la légitimité de cette géolocalisation, ainsi que des allégations erronées concernant la découverte de drogues qui ont finalement été classées sans suite.
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