La grève à l'ADMR de Corse-du-Sud prend de l'ampleur. Les syndicats, toujours mobilisés, continuent d'occuper les locaux et insistent sur le départ de la directrice, même après les diverses propositions émises par la direction. Cette situation est qualifiée de « conflit social stagnant » selon les leaders syndicaux, qui ont rencontré la direction jeudi matin. Diana Lanfranchi, porte-parole de l'intersyndicale STC-CGT-FO, dénonce un manque d'avancées, affirmant que « sur toutes nos revendications, aucun progrès tangible » n'a été réalisé.
La demande de départ de la directrice est catégoriquement « non négociable », souligne Lanfranchi. « Malgré les promesses, il n'y a rien de concret depuis des années », souligne-t-elle avec colère. Suite à cette réunion, les employés présents en assemblée générale ont voté pour continuer la grève et maintenir l'occupation du site de Baleone, engagée jour et nuit depuis le mardi précédent. « Nous resterons ici tout le week-end, tant que nos revendications ne sont pas satisfaites », insiste-t-elle.
Un service minimum maintenu
Le mouvement de grève impacte désormais plusieurs départements au sein de l'association, qui emploie plus de 500 personnes en Corse-du-Sud. Les représentants syndicaux assurent maintenir « un service minimum » pour répondre aux urgences, notamment l'aide aux repas et le soutien aux bénéficiaires particulièrement vulnérables. Néanmoins, Diana Lanfranchi affirme que les difficultés commencent à se faire ressentir sur le terrain : « Nous avons tenté de maintenir un certain niveau de service, mais la situation devient de plus en plus complexe ». Afin de trouver une issue, l'intersyndicale a également contacté la préfecture pour solliciter une médiation.
Les syndicats ne se contentent pas des revendications liées à la direction, ils mettent également en lumière une dégradation de l'ambiance de travail depuis l'arrivée de la nouvelle directrice en novembre dernier. « On observe une absence de dialogue et des entraves au CSE », dénonce Lanfranchi. Elle évoque également une augmentation préoccupante des arrêts de travail, pouvant aller jusqu'à « six ou sept par jour ». « Quand une personne non qualifiée conduit une structure aussi complexe, les conséquences sont inévitables », constate-t-elle, alarmée.
D'autre part, les propositions de la direction, incluant des formations et des audits dans le cadre d'un plan de sortie de crise, sont jugées « complètement déconnectées » des réalités par les représentants syndicaux. Bien que la Fédération ADMR de Corse-du-Sud se dise prête à « s'ouvrir » à la négociation en annonçant plusieurs mesures, le départ de la directrice semble hors de question pour le moment. La direction affirme posséder le soutien du conseil d'administration, renforçant ainsi la tension au sein de l'organisation.







