Le secteur du tourisme, vital pour l'économie de la Corse, représente 41 % de l'activité économique. Cependant, les professionnels du secteur expriment de vives inquiétudes quant à l'attractivité de l'île, menaçant ainsi de nombreux emplois dans la région.
Récemment, des acteurs du tourisme ont alerté sur une situation préoccupante, citant plusieurs facteurs comme l'augmentation des coûts d'exploitation, des difficultés de recrutement, une crise du logement pour les salariés, une hausse des tarifs aériens depuis le continent, des annulations de vols ainsi qu'une concurrence déloyale des meublés touristiques.
"La situation devient intenable", déclare César Filippi, président du Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR). "Nos entreprises continuent d'investir et d'embaucher, mais sans des réponses concrètes sur le transport et le logement des salariés, notre modèle économique est en danger." Cela est d'autant plus alarmant que le nombre d'entreprises radiées a augmenté de 36,3 % l'année dernière, avec un taux de 12,6 % pour celles en difficulté.
Pas besoin de compassion
Catherine Quérard, présidente nationale du GHR, partage ce sentiment : "La Corse n’a pas besoin de compassion économique. Elle a besoin de décisions. Quand le tourisme souffre, toute l'économie locale est impactée. Nous demandons des règles équitables et une stabilité pour continuer à travailler."
Les hôteliers font appel à une régulation stricte des meublés touristiques, en vertu de la loi Le Meur, car avec près de 600 000 lits marchands et non marchands contre environ 180 000 lits hôteliers, la concurrence est devenue déséquilibrée. De plus, ils souhaitent que les mêmes règles s'appliquent à tous les acteurs de la restauration et du tourisme.
Le GHR pointe aussi la nécessité d'obtenir des engagements des compagnies aériennes pour assurer des dessertes en Corse sans prix excessifs. Concernant le logement des salariés, une proposition a été faite pour permettre aux entreprises de reprendre la TVA sur les frais d'aménagement de logements.
Enfin, les professionnels réclament que l'État reconnaisse le tourisme en Corse comme secteur clé et demandent à Atout France de lancer une campagne de promotion rapide pour la destination Corse. Cela pourrait faire toute la différence alors que la situation actuelle reste exigeante pour les acteurs du secteur.







