La présence persistante de l’inflation inquiète. En mai, les prix à la consommation en France ont enregistré une hausse de 2,4 % sur un an, à comparer à 2,2 % en avril. Cette augmentation est en grande partie due à une flambée des prix de l'énergie, qui ont grimpé de 16,8 % en mai, surpassant l'augmentation de 14,3 % d'avril, entraînée principalement par l'augmentation des coûts du gaz, selon une estimation de l'Insee. D'autres secteurs tels que les services (+2 %) et l'alimentation (+1,2 %) voient également leurs prix augmenter, exacerbé par un indice de prix harmonisé (IPCH) passant à 2,8 % en mai.
Les Français s'adaptent aux prix élevés
Dans ce contexte, la préoccupation principale des Français semble s'être déplacée vers le pouvoir d'achat, un constat corroboré par une enquête du Crédoc, indique Franck Lehuédé, directeur d’études. En effet, suite à l'expérience difficile des deux dernières années, où l'inflation alimentaire avait atteint un pic de 20 %, de nombreux consommateurs ont adopté une approche plus prudente. Ils limitent leurs déplacements et optent pour des marques moins coûteuses, témoignent les experts.
« Nous constatons un phénomène de stockage des produits essentiels, non pas par crainte de pénuries, mais pour réduire le nombre de visites au supermarché », observe le dirigeant du groupement Mousquetaires/Intermarché, lors d'une interview sur BFMTV/RMC.
Une crise prolongée
Gaëlle Le Floch, expert en grande consommation chez Kantar Worldpanel, note que le marché alimentaire résiste assez bien : les ventes en volume d’aliments et de boissons ont augmenté de 1 % de janvier à avril par rapport à l'année précédente. Cependant, le Premier ministre Sébastien Lecornu a averti que la crise au Moyen-Orient pourrait s'étendre davantage, avec des répercussions sur les supermarchés et les négociations commerciales, suite à la montée des coûts liés au carburant, au gaz et aux engrais. Ces développements soulèvent des inquiétudes quant à la stabilité des prix et à l'avenir des consommateurs.»







