L'évacuation des 11 000 marins coincés dans le Golfe à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz prendra probablement "quelques semaines", a déclaré le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, lors d'un entretien avec l'AFP.
Cette opération, prévue de longue date par l'agence de l'ONU chargée de la sécurité maritime, vise à permettre aux 600 navires immobilisés depuis le début du conflit d'évacuer la zone. L'OMI a annoncé le lancement de cette opération mardi dernier.
"Quelques navires ont pu passer hier (mardi) après-midi" par le détroit d'Ormuz à la suite de l'annonce, a ajouté Dominguez. Il a souligné qu'il s'agissait d'un "processus progressif", précisant que l'objectif serait d'atteindre environ 50 navires par jour, mais cela prendra du temps.
Le plan de l'OMI consiste à contacter chaque navire individuellement, en coordination avec les autorités côtières, pour donner des instructions de départ.
"Nous souhaitons éviter absolument les collisions et les accidents" pouvant survenir si tous les navires tentaient de quitter la zone simultanément, a-t-il expliqué.
- "Un peu plus de 80 mines" -
L'évacuation des équipages se fera par deux routes distinctes, l'une longeant les côtes omanaises et l'autre celles de l'Iran, différentes de la voie habituelle mise en place par l'OMI en 1968.
"Des informations fiables indiquent la présence de mines" dans le passage traditionnel, qui doit "être sécurisé avant d'être utilisé". Dominguez a mentionné plus de 80 mines signalées dans la zone.
Un protocole d'accord signé récemment entre Téhéran et Washington stipule que l'Iran s'engage à déminer la zone dans un délai de trente jours.
Paris et Londres ont aussi proposé d'assister à la sécurisation du détroit d'Ormuz via une coalition de plusieurs dizaines d’États, en fournissant des moyens de déminage.
Cependant, cette initiative reste "une conversation parallèle", a précisé Dominguez. Le plan d'évacuation de l'OMI est réalisé en collaboration avec l'Iran, Oman, les autres États riverains, les États-Unis et l'industrie maritime.
L'opération actuelle ne prévoit ni escorte ni soutien militaire, a-t-il insisté. Pour l’instant, seules quelques nouvelles entrées de navires dans le Golfe sont envisagées, certains ayant déjà emprunté la voie proche des côtes iraniennes.
"Cette route est restée sûre jusqu'à présent", a assuré Dominguez, en ajoutant que la voie longeant Oman est exclusivement réservée à l'évacuation des navires.







