Les agriculteurs français sont en émoi et intensifient leurs actions pour attirer l'attention du gouvernement et de Bruxelles. Ce mardi, différents syndicats ont organisé des départs de convois vers Paris, alors que des rassemblements locaux se multiplient, dans un contexte de crise aiguë.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a exprimé sur TF1 le profond mécontentement des agriculteurs, soulignant : « Les discours ne suffisent plus, nous avons besoin d'actes concrets visibles dans nos exploitations ». Ce soir, il sera reçu à Matignon, espérant que les dernières concessions budgétaires de Bruxelles apaiseront les tensions autour de l'accord UE-Mercosur.
La pression monte également parmi les décideurs ; en effet, onze ministres du gouvernement se sont réunis autour du ministre Sébastien Lecornu pour aborder les enjeux agricoles, sans toutefois communiquer de mesures concrètes.
Actuellement, les agriculteurs font face à plusieurs crises : l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins, la chute des prix du blé et la hausse des coûts des engrais, sans oublier la menace d'une concurrence accrue en provenance des pays latino-américains. Pour remédier à cela, un arrêté prévoyant l'interdiction d’importer en France des produits agricoles d’Amérique du Sud, traités avec des substances interdites dans l'UE, devrait être publié prochainement.
Les agriculteurs sont particulièrement inquiets de l'éventuelle signature de l'accord de libre-échange UE-Mercosur, qui pourrait être un « chiffon rouge » pour une mobilisation encore plus forte. « Nous sommes prêts à intensifier nos actions si cet accord est signé », a averti Rousseau, tandis que d'autres syndicats, comme les Jeunes agriculteurs, projettent déjà de se rassembler devant le Parlement européen à Strasbourg le 19 janvier.
Mercredi, les ministres européens de l'Agriculture se réuniront à Bruxelles pour discuter de cet accord et des perspectives de la politique agricole commune (PAC). En attendant, Bruxelles a prévu de débloquer 45 milliards d'euros pour soutenir l'agriculture, une somme jugée insuffisante par de nombreux agriculteurs, qui souhaitent que cette aide soit dédiée à des mesures réellement efficaces.
Les manifestations se poursuivent sur le terrain, avec des cortèges de tracteurs partant de plusieurs départements, notamment du Sud-Ouest. Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a déclaré : « Nous ne sommes pas des délinquants, mais nous devons faire entendre notre voix ». Les agriculteurs de la région prévoient d'« assiéger » Toulouse si aucun engagement fort n'est pris en réponse à leurs demandes.
Enfin, des personnalités du secteur, comme le représentant de la chambre d'agriculture du Gers, ont exprimé leur exaspération face à la gestion des crises par l'État. Ils réclament la fin des abattages systématiques lorsque la dermatose est détectée sur une exploitation. Cette requête est également partagée par la Confédération paysanne, dont les dirigeants sont attendus à Matignon ce soir pour discuter des mesures à adopter.







