Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réaffirmé, lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis, son intention de laisser derrière lui les controverses budgétaires et d'adopter une approche plus pratique. Face aux motions de censure de la gauche et du Rassemblement National, il a insisté sur le fait que l'usage du 49.3 pour faire avancer le budget était un acte nécessaire, mais regrettable.
« Il est crucial de mettre un terme à cette crise politique », a déclaré Lecornu, engageant le gouvernement à se concentrer sur des réformes significatives, alors que le cycle électoral s'approche. L'objectif principal est la construction de 2 millions de logements d'ici 2030, une priorité qu'il souhaite mettre en avant dans le cadre d'un futur plan de relance.
Quant au climat politique, Lecornu a demandé à ses ministres de ne pas se laisser entraîner dans un cycle électoral précoce, sous-entendant qu'il n'avait pas d'ambitions personnelles pour la présidence. En effet, il a déclaré : « Maintenant, il faut avancer », signalant une volonté de progresser malgré les tensions incessantes au sein de l'Assemblée nationale.
Les récentes motions de censure, bien que destinées à contrer l'utilisation du 49.3, ont échoué, laissant la majorité au gouvernement relativement intacte. Cependant, la fragilité de cette majorité a été soulignée par le ministre des Relations avec le parlement, Laurent Panifous, qui a déclaré : « Il est impératif de faire preuve d'humilité. »
D'autres critiques ont émergé de l'opposition. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, a accusé le Parti socialiste d'aliéner des voix. Par ailleurs, Marine Le Pen a dénoncé un « passage en force » du gouvernement, soulignant un désaccord croissant sur les politiques budgétaires. Elle a exhorté le Premier ministre à quitter ses fonctions, dénonçant une prétendue incapacité à faire face aux défis majeurs.
Du côté des alliés gouvernementaux, des voix comme celles de l'ancienne ministre Agnès Firmin-Le Bodo ont exprimé des réserves concernant le projet de budget, en affirmant que le déficit budgétaire, prévu à 5% du PIB, représentait une préoccupation majeure. Toutefois, le député LR Nicolas Ray a mis l'accent sur la nécessité d'éviter une situation de blocage permanent, tout en espérant une reprise économique favorable.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a également exprimé son optimisme quant à de potentielles avancées économiques, ajoutant que l'heure était venue d'opter pour des solutions concrètes face aux défis sociaux. Cette ambiance à la fois tendue et déterminée pourrait ainsi définir la feuille de route du gouvernement pour le reste de son mandat, alors qu'il s'efforce de réformer le pays tout en faisant face à des critiques soutenues.







