Un tribunal du Valais a décidé de libérer Jacques Moretti, le propriétaire français du bar à Crans-Montana où un incendie tragique a coûté la vie à 40 personnes la nuit du Nouvel An. Le délibéré, qui a soulevé de vives réactions, intervient après le versement d'une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros).
Les familles des victimes expriment leur colère à travers les avocats impliqués. Me Jean-Luc Addor, représentant les proches d'un adolescent décédé dans le drame, a qualifié la décision de "scandaleuse" et "honteuse". De nombreuses voix s'élèvent, y compris celle de Me Romain Jordan, qui pointe du doigt le manque de mesures pour éviter toute collusion ou fuite.
À côté de lui, la réaction a été tout aussi forte du côté italien, soulignant que les victimes incluent un grand nombre de ressortissants italiens. Antonio Tajani, ministre des affaires étrangères d'Italie, a quant à lui déclaré qu'il était "sans voix" face à une telle décision, qui constitue, selon lui, un véritable affront aux familles endeuillées.
Pour les autorités, les conditions de la libération incluent des mesures telles qu'une interdiction de quitter le territoire suisse et l'obligation de se présenter quotidiennement à un commissariat de police. Jacques Moretti, âgé de 49 ans et d'origine corse, ainsi que sa femme Jessica, étaient sous enquête dans le cadre de ce drame.
Les autorités suisses ont précisé qu'il faut désormais déterminer les responsabilités liées à l'incendie, qui a résulté de l'allumage de bougies ayant enflammé des matériaux inflammables dans le bar Le Constellation. La commune de Crans-Montana est pointée du doigt pour avoir négligé ses obligations de sécurité depuis 2019.
Au total, parmi les 70 blessés, un nombre considérable reste hospitalisé, avec des cas graves recensés même à l'étranger, dont la France et l'Allemagne. La lutte pour la justice et la vérité autour de cette tragédie continue, alors que les familles réclament des explications sur cette libération.







