Les équipes d’EDF Production Électricité Insulaire (EDF PEI) s’affairent sur le site de la nouvelle centrale du Ricanto. Ce projet colossal, d’une capacité de 130 mégawatts et d’un coût estimé à 800 millions d’euros, est une étape décisive vers une transition énergétique en Corse.
Une centrale au biocombustible, plus respectueuse de l’environnement
La nouvelle installation sera alimentée par un biocombustible à base de biomasse liquide 100 % traçable, visant à diminuer significativement son empreinte écologique. Les projections indiquent une réduction de 95 % des émissions de particules fines, aucune émission de soufre et une diminution de 75 % des gaz à effet de serre, par rapport aux installations existantes. De plus, la centrale devrait réduire sa consommation d’eau de 90 %.
« C’est un projet structurant pour le territoire et pour l’évolution du mix énergétique corse », souligne Cédric Dupuis, chef de projet chez EDF PEI.
Un site adapté aux risques climatiques
Sur le plan de la construction, François Audant, directeur de chantier, précise que la structure est érigée sur un terrain rehaussé de quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. De plus, le site comprend un bassin de rétention pour prévenir tout risque d’inondation.
Jean-Pierre Santello, mémoire vivante du chantier
Sur le site de plus de trois hectares, une figure emblématique se distingue : Jean-Pierre Santello, âgé de 70 ans, chef conducteur au sein du groupe Vendasi et doyen du chantier. Adepte de la construction, il avait déjà pris part à l’édification de la centrale du Vazzio en 1977 et se consacre pleinement à celle du Ricanto.
« C’est plus facile aujourd’hui. À l’époque, la construction du Vazzio était plus difficile. J’adore mon métier, c’est une passion. J’espère terminer ma carrière sur ce chantier », confie-t-il avec enthousiasme.
Huit moteurs de 350 tonnes acheminés de nuit
Une étape spectaculaire a débuté avec l’acheminement de huit moteurs de 350 tonnes chacun, se déroulant la nuit pour minimiser l'impact sur la circulation. Les convois, qui démarrent à partir de 22 heures, ont un parcours d’environ cinq kilomètres. L’opération s’étendra sur un mois et occasionnera des fermetures temporaires de routes.
La mise en service de cette centrale est prévue pour le premier trimestre 2028, durant lequel un co-fonctionnement de six à huit mois avec l’actuelle centrale sera nécessaire. Les 80 salariés suivront un cycle complet de formation pour s'adapter aux nouvelles technologies. EDF PEI a ajouté que l’installation demeurera compatible avec le gaz et le fioul léger, pour assurer un approvisionnement continu en cas de problème lié à la biomasse.
Ce projet est une véritable avancée pour l’énergie insulaire et un modèle de durabilité. Pour suivre l'évolution du chantier et soutenir cette transition énergétique, plusieurs médias locaux, dont Radio France, réalisent des reportages réguliers.







