La communication, ce mercredi 25 février, sur les 294 communes reconnues en état de catastrophe naturelle suite aux crues historiques de l’Ouest de la France éclaire la pression croissante sur le système d'indemnisation nationale. Après un mois de pluies incessantes ayant entraîné des inondations exceptionnelles, le gouvernement a convoqué le 21 février une commission interministérielle pour examiner les demandes de nombreux territoires, avec une nouvelle réunion prévue le 3 mars.
Comme l’a souligné le ministre de l’Économie, Roland Lescure, « Des dizaines de milliers de Français sont touchés, et il est crucial que les assureurs répondent présents lors de cette mobilisation collective », en évaluant les dommages à plus d’un milliard d’euros.
À l'inverse, en Corse, bien qu’épargnée par ces événements, les récents épisodes tempétueux, notamment les tempêtes Nils et Pedro, rappellent la sensibilité de l'île face à un climat en mutation. Le maire de Lucciana, José Galletti, a mis en avant que sa commune est particulièrement vulnérable, mentionnant : « Lorsque le Golu déborde, les dégâts sont inévitables ». Il observe une hausse des glissements de terrain en raison de « des pluies incessantes qui saturent les sols » et il souligne l’inquiétude croissante des riverains face à l’érosion du littoral.
Hausse des primes et mutualisation
Pour les particuliers comme pour les entreprises, cette augmentation des sinistres se traduit par une augmentation des primes d’assurance. Jean-Charles Casta, agent général d’assurance en Corse, constate que « la facture grimpe chaque année ». Il note également que pour renflouer le régime des catastrophes naturelles, la surprime obligatoire a été augmentée de 12 à 20 % au 1er janvier 2025, ce qui a un impact direct sur les contrats d'habitation et d'entreprise. « Sur le terrain, cela signifie que les primes d'assurance peuvent passer de 25 à 40 euros juste pour la catastrophe naturelle ». Il ajoute que, bien que la Corse ne soit pas directement affectée par certaines inondations, « le système d'assurance se base sur la mutualisation, où chacun contribue à un fonds national pour garantir une couverture adéquate partout ».
Dans ce contexte, les récents événements climatiques, comme les tempêtes Nils et Pedro, compliquent la situation des garanties. Casta explique que les dommages provoqués par ces tempêtes ne donneront pas lieu à une reconnaissance de catastrophe naturelle : « Les conditions exactes de chaque événement sont cruciales pour l'indemnisation. » En revanche, il rappelle que « la déclaration de catastrophe naturelle est essentielle pour que les assurés puissent être indemnisés de manière adéquate ». Face à une multiplication des demandes, l'expert constate que « les cabinets d'expertise font de leur mieux », mais que le gouvernement doit intensifier ses efforts pour fluidifier les indemnisations. « L'État a effectivement pris des mesures pour optimiser le processus d'indemnisation, y compris des réunions de crise, afin d'accélérer les paiements ».







