Le climat d’insécurité lié au conflit au Moyen-Orient commence à avoir des répercussions sur les décisions économiques mondiales. Ce mardi, la Réserve bancaire d'Australie (RBA) a décidé de rehausser son taux directeur de 25 points de base à 4,10 %. Cette décision a été motivée par la "forte hausse des prix des carburants", une situation exacerbée par les tensions autour du détroit d'Ormuz. En un mois, les prix des carburants ont grimpé de 1,60 à 2,23 dollars australiens le litre, soit une hausse de 39%.
La RBA se positionne parmi les premières grandes banques centrales à agir face à cette inflation, alors que les prix du pétrole mondial ont bondi de 40 à 50%. L'institution a précisé que si cette hausse devait se poursuivre, elle entraînerait une inflation accrue, justifiant ainsi sa décision de hausse des taux, bien que cela ralentisse la croissance économique.
"La hausse des prix et l'incertitude prolongée pourraient engendrer un ralentissement de la croissance, à la fois pour les principaux partenaires commerciaux de l'Australie et pour l'Australie elle-même," a indiqué la RBA dans un communiqué.
Les analystes partagent cette inquiétude et anticipent une période potentielle de récession dans le pays, surtout que l'inflation s'éloigne de l'objectif fixé par la banque centrale. L'Australie, étant fortement dépendante des importations de carburant, pourrait être particulièrement impactée. Une nouvelle augmentation des taux est déjà envisagée pour mai prochain.
Les autres banques centrales plus modérées
Le gouvernement a également critiqué les détaillants pour leur politique de prix jugée excessive. Le ministre de l'Énergie, Chris Bowen, a noté que la demande a « doublé » en raison des automobilistes cherchant à constituer des réserves, qualifiant de "inacceptable" la situation de pénurie dans le pays.
Suite à cette hausse des taux, le dollar australien a largement gagné en force, s’appréciant de plus de 1% par rapport au dollar américain et s'échangeant actuellement autour de 71 cents.
À l’échelle mondiale, d’autres banques centrales comme la Banque d'Angleterre, la Fed américaine, la BCE et la Banque du Japon restent pour l’instant prudentes, maintenant les taux inchangés.







