Condamné à dix ans en première instance, Jacques Mariani, 60 ans et ancien membre d'une association de malfaiteurs, a témoigné lors de son interrogatoire de personnalité. L'accusation le considère toujours en lien avec les meurtres de J-L Codaccioni et A. Quilichini, survenus en décembre 2017.
« Avant, il avait l'impression qu'il existait un mal utile, d'auto-défense. Aujourd'hui, il pense qu'il pourrait s'éloigner des situations problématiques », explique l'enquêtrice de personnalité qui a auditionné Mariani. En visioconférence, elle retrace son parcours, soulignant les efforts de l'accusé pour se réinventer.
« Il fait du sport cinq heures par jour, il médite et bénéficie du soutien de son entourage, ce qui l'aide à tenir », ajoute-t-elle, provoquant l'admiration de ceux qui l'entourent. La cour tente de dresser un portrait de sa vie : son père absent et défaillant, mais également son admiration pour ce dernier, tué en 2009 dans une explosion tragique.
Au fil des interventions, Mariani démontre une certaine lucidité, discutant de ses expériences difficiles. « Lorsque je l’ai croisé en prison, il ne me parlait pas. Pour attirer son attention, je m'engageais dans des combats », se souvient-il. En réponse à une question sur le mot « voyou », il déclare : « Pour moi, c'est juste un choix de vie. »
Bagarre en prison
La présidente de la cour évoque le lourd dossier judiciaire de Jacques Mariani, notant son incarcération depuis 2001 et son parcours tumultueux dans diverses prisons. Elle n’hésite pas à qualifie son comportement de « tourisme pénitentiaire ». Seul incident notable : des coups portés à un codétenu.
Sa réaction à l'incident en prison est teintée d'ironie : « Un petit jeune de 30 ans voulait voir si j'avais encore mes réflexes... Que voulez-vous que je fasse à 60 ans ? »
Mariani rajoute que « le bien et le mal coexistent en nous » et que chacun peut être impacté par ces forces. En abordant son ascendant en astrologie, il affirme : « Je suis un garçon respectueux et aimant, mais je sais me faire respecter. »
Avec les frères Guazzelli, une affaire de famille
La magistrate évoque ensuite les liens de Mariani avec les frères Guazzelli, également accusés dans cette affaire. « Ils ne sont pas mes amis, mais ma famille. Nous avons des liens très forts », insiste-t-il. Contrairement à une analyse d'expert qui le qualifie d'« égocentré », Mariani répond : « Faudrait voir cet expert aussi, peut-être qu'il a besoin d'une expertise ! »
Il évoque la présence de sa femme dans la salle, affirmant qu’elle exerce plus d’emprise sur lui que l’inverse. Alors qu'il maintient son innocence dans la fusillade de Poretta, son avocat espère obtenir un acquittement lors de ce procès en appel qui se déroule pendant deux mois. Dans le climat tendu de la salle d’audience, Mariani cristallise les enjeux d’un passé lourd de conséquences.







