Le collectif antimafia "Massimu Susini" a exprimé, le 15 juin, ses préoccupations concernant le projet d'autonomie de la Corse, en discussion à l'Assemblée nationale à partir de demain. Selon eux, entamer cette démarche sans des garanties claires contre l'influence mafieuse pourrait mener à une forme d'asservissement encore plus sévère.
Nom d'un militant nationaliste tragiquement assassiné en 2019, le collectif souligne que "la question mafieuse" semble insuffisamment abordée dans les débats actuels relatifs à l'autonomie. Ils rappellent que "l'autonomie ne peut se concevoir sans prendre en compte l'emprise mafieuse sur l'économie insulaire", incluant des liens troublants avec le monde politique et un puissant climat d'intimidation au sein de la société corsée. Une analyse relatée par France 3 dans son reportage récent prévient également de l'augmentation des cas de corruption en Corse, suggérant un taux d'infraction qui dépasse largement celui des autres régions françaises.
Si la modification constitutionnelle en faveur de l'autonomie est acceptée par le Parlement, un cadre législatif détaillé sur les mécanismes d'application devra être élaboré. Dans cette optique, le collectif réclame que cette loi prévoie des garanties antimafia robustes, influençant des domaines comme les marchés publics, l'urbanisme ou encore la concentration économique, comme le précise le quotidien Le Monde.
Dans l'attente de garanties antimafia solides
Le collectif insiste également sur le fait que "Les Corses ne connaissent pas encore les compétences qui pourraient leur être transférées", soulevant des questions sur l'absence de transparence dans ce processus. Ils mettent en garde contre le risque de croire à une émancipation alors qu'en réalité, les Corses pourraient se retrouver sous un joug plus sévère. Ils citent que l'essor de la mafia a coïncidé avec les périodes de décentralisation dans les années 1980, ce qui a renforcé la prise de pouvoir des élus locaux.
Bien que la mafia semble moins violente ces derniers temps, le collectif la considère toujours comme une menace omniprésente. Ils prônent donc une vigilance accrue face à cette réalité. Le député (LR) François-Xavier Ceccoli a également plaidé pour un contrôle parlementaire rigoureux concernant les normes qui pourraient être confiées à l'assemblée de Corse, soucieux de l'impact des dérives mafieuses sur l'autonomie insulaire que certains jugent nécessaire pour l’émancipation collective des Corses, un point soulevé par l'Institut Montaigne dans une récente analyse.
En somme, alors que la Corse aspire à une autonomie, le collectif Massimu Susini demande des mesures fermes pour s'assurer que cette indépendance ne se transforme pas en un nouveau cycle d'oppression.







