Le collectif antimafia Massimu Susini a exprimé, ce lundi, ses inquiétudes concernant le projet d'autonomie de la Corse. Alors que le texte sera discuté à partir de demain à l'Assemblée nationale, il affirme que développer une autonomie de la Corse sans mesures antimafia pourrait mener à un asservissement d'une gravité accrue.
Le groupe, portant le nom d'un militant nationaliste tragiquement tué en 2019, dénonce le manque d'attention accordée à la question mafieuse dans les débats autour de l'autonomie corsée, prévue pour un vote solennel le 23 juin. Massimu Susini rappelle que l’autonomie ne peut être envisagée sans prendre en compte l’influence mafieuse omniprésente dans plusieurs secteurs de l’économie locale. Il souligne que le nombre de condamnations pour corruption est particulièrement élevé en Corse par rapport aux autres régions françaises.
Les enjeux de la loi organique
Selon le projet de loi qui pourrait inscrire l’autonomie de la Corse dans la Constitution, une loi organique ultérieure devra définir les contours de cette autonomie. Le collectif réclame que cette loi inclue des garanties antimafia solides, notamment en ce qui concerne les marchés publics et l’urbanisme. Massimu Susini insiste : "Les Corses ne disposent que de peu d’informations quant aux compétences qui pourraient leur être transférées. Construire une autonomie sans garanties antimafia, c'est expier une illusion d’émancipation alors qu'un asservissement encore plus sévère les guette".
Ce collectif fait partie d'une coordination antimafia qui a conduit à des manifestations inédite en 2025, et pour eux, la montée de la mafia sur l'île est directement liée aux cycles de décentralisation ayant débuté dans les années 1980, période marquée par une consolidation du pouvoir des élus locaux.
Le député François-Xavier Ceccoli a également exprimé ses préoccupations, appelant à un contrôle rigoureux par le Parlement français concernant le pouvoir normatif qui pourrait être accordé à l’Assemblée de Corse. Ceccoli a déclaré : "Face au poids des dérives mafieuses, le contrôle doit être strict pour éviter les débordements".







