En octobre 2018, un incident particulier a secoué la maison d'arrêt de Douai, lorsque un détenu a découvert 500g de RDX, un explosif militaire, dans le gymnase de la prison. Ce détenu a pris la décision de remettre ces explosifs à une surveillante en qui il avait confiance, suscitant des soupçons d'une éventuelle évasion.
Le tribunal a récemment jugé cet ancien détenu pour détention illégale et transport d'engins explosifs en récidive. Cet homme, déjà condamné pour des faits similaires dans le passé, a une carrière criminelle marquée par de multiples condamnations, dont une pour des infractions graves. L'audience a révélé un parcours complexe et des relations ambiguës entre le détenu et la surveillante, qui, avant de mettre fin à ses jours en juillet 2023, a été victime d'une pression insupportable liée à cette affaire.
Quentin Lebas, l'avocat de l'ancien détenu, a plaidé un changement de vie significatif auprès du tribunal, affirmant : "nous avons un bandit qui accomplit un acte héroïque". Cette défense pose la question de la réhabilitation et du retour à la société, mais elle s'accompagne également d'une réalité tragique : la surveillante, innocentée après sa mort, avait lutté contre le stigmate de la criminalisation.
Par ailleurs, le tribunal a noté sa volonté de se réinsérer, car un employeur lui a déjà promis un contrat de travail. La décision finale a entraîné une peine de 6 mois d'emprisonnement sous bracelet électronique, une mesure qui permettra à cet ancien détenu de travailler et de reconstruire sa vie.
La présidente du tribunal a considéré que, bien que la situation imposait une peine, la volonté de rédemption de l'accusé méritait d'être reconnue. Cependant, elle a également assuré qu'"aucune autre sanction que la prison ne serait appropriée, compte tenu de la gravité de l'affaire".
Ce cas soulève des questions importantes sur la réhabilitation des anciens détenus, le système pénitentiaire et les tragédies humaines derrière les faits divers. Comme l’affirme l’expert en psychologie criminelle Jean-Pierre Dubois, "ces situations mettent en lumière des stresses extrêmes qui peuvent mener à des décisions désespérées". Il reste à observer comment ces événements feront évoluer le fonctionnement des prisons françaises à l'avenir.







