Le tribunal criminel du Finistère a récemment prononcé une peine de 13 ans de réclusion criminelle contre Charles Kermarec, ancien vice-président de Brest métropole, reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur trois de ses neveux. Cette peine s'accompagne de cinq ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soin, comme l'a indiqué la magistrate Elsa Guyonvarc'h. Le procureur avait initialement requis 15 ans de prison, soulignant la gravité des actes commis par Kermarec, âgé de 70 ans, qui était un homme influent, à l'image respectée à Brest.
Les actes reprochés à Kermarec s'étendent sur plus de deux décennies, avec des abus qui ont commencé alors que l'un de ses neveux, Guillaume (prénom modifié), n'avait que 14 ans. Guillaume a décrit une relation traumatisante, marquée par des rendez-vous dans des lieux privés et des comportements manipulateurs, y compris l'usage d'alcool pour altérer son consentement. "J’étais son truc, son objet", a-t-il déclaré lors du procès, révélant l'ampleur des abus subis au fil des ans.
D'autres neveux ont également témoigné, rapportant des faits similaires de violence et d'agression. Les révélations, d'abord étouffées, ont refait surface grâce à un signalement effectué en mai 2023 par le maire de Brest, François Cuillandre. Ce dernier a été alerté par des altercations entre Kermarec et ses neveux dans un bar, où les accusations d'agressions ont commencé à émerger.
Les experts en droit et en psychologie s'accordent à dire que de tels cas mettent en lumière un phénomène d'inceste souvent sous-estimé. Marie Dupont, psychologue spécialisée dans les violences familiales, explique : "Les victimes, en particulier dans des familles où l'autorité est souvent liée à un statut public, se sentent piégées. Il est essentiel de briser le silence qui entoure ces abus pour prévenir de futurs drames".
Ce verdict constitue un appel à la vigilance pour les victimes d’abus incestueux, les incitant à parler et à se faire entendre. La décision de justice, même si elle marque un tournant pour certains, rappelle l'importance de la protection des jeunes et de la nécessité d'éduquer sur les abus sexuels au sein des familles.







