Le procès de ce surveillant pénitentiaire de 54 ans, accusé d'avoir poignardé son ex-compagne Nelly Ferron, a débuté ce jeudi 22 janvier devant la cour d’assises de la Sarthe, au Mans. L’accusé est reconnu comme un homme calme et bien intégré dans son environnement, pourtant il fait face à des accusations graves. Les faits remontent à la nuit du 2 au 3 mars 2023, alors qu’il a asséné plusieurs coups de couteau à Nelly. Loin d’être prémédité selon ses déclarations, cet acte violent soulève de nombreuses interrogations quant à sa personnalité, souvent qualifiée de bienveillante par ses proches.
Les témoignages du procès dressent un portrait troublant. Sa sœur, Claire, insiste sur le fait qu’il était un « nounours », tandis qu’une psychologue souligne une facette possessive et jalouse de sa personnalité. « Comment en vient-on à commettre une telle violence ? », interroge le président de la cour, face aux avis divergents d’experts.
Un homme perçu comme doux et attentionné
Au cours des auditions, plusieurs proches de l’accusé le décrivent comme un « bisounours », contrastant avec l’horreur de ses actes. Claire évoque un grand frère protecteur, « toujours là », tandis qu’une collègue de travail souligne son calme au sein d’une brigade d’intervention. Cette dichotomie entre l'image publique et les actes criminels intrigue les jurés et les experts.
La rupture, déclencheur d'une tragédie
L'enquête révèle des éléments perturbateurs. Malgré un profil jugé équilibré par certains, une fragilité émotionnelle semble avoir émergé post-rupture. Mylène Gaye, spécialiste en victimologie, évoque « une lutte intérieure », tandis que l'accusé semble plus préoccupé par les répercussions de son acte sur son image que par la souffrance causée. Son avocat, Me Jonathan Proust, défend la thèse du coup de folie, assurant qu'il n’y avait pas d’intention criminelle.
« C'est achevé maintenant », a déclaré l’expert, soulignant l’absence de troubles mentaux au moment des faits. Ces déclarations soulèvent des questions sur la responsabilité pénale alors que l'accusé ne cesse de parler de « trous noirs » durant son interrogatoire.
La cour doit encore entendre ses déclarations et les attentes vont croissantes au sein de la société sur les circonstances et motivations de ce féminicide tragique. Le verdict est prévu pour le lundi 26 janvier, alors que l’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité. L’affaire met en lumière non seulement la violence de genre, mais aussi les failles dans la compréhension des comportements d’hommes qualifiés d’inoffensifs par leur entourage.







