Trois policiers ont opéré un sauvetage in-extremis, ce mardi, à Perpignan (Pyrénées-Orientales), où ils ont sauvé la vie d'un adolescent échappant à leur poursuite après un cambriolage. L'incident s'est déroulé dans la Têt, dont le débit était activé par d'importantes pluies.
Vers 22 heures, Stéphane et son collègue de la brigade de nuit ont reçu l'appel urgent d'intervention. En effet, trois jeunes tentaient de fuir après avoir été surpris en plein délit. Tandis que deux d'entre eux étaient arrêtés par les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC), le troisième était introuvable. « Nous avons cherché pendant près de 30 minutes dans l'obscurité et le tumulte des eaux », raconte l'un des officiers.
Finalement, ils aperçoivent, à environ trente mètres de la berge, un bras qui se débat dans le courant tumultueux de la Têt. Les cris désespérés d’un jeune en détresse leur parviennent aux oreilles, suscitant un réflexe urgent. « Nous avons immédiatement contacté les sapeurs-pompiers, mais sans attendre, nous avons sauté à l’eau », se remémore Stéphane, âgé de 39 ans.
« Au bout de cinq minutes, on était déjà gelés »
Bien que pesés par leurs uniformes mouillés, leurs gilets pare-balles et leurs ceinturons, les trois policiers parviennent à se rapprocher du jeune garçon, qui semble avoir perdu son contrôle. « Le froid vous tétanise rapidement. Après cinq minutes dans l'eau, nous étions déjà frigorifiés », poursuivent-ils. À ce moment, l'adolescent était dans l'eau depuis une bonne trentaine de minutes.
Tandis qu’ils luttent contre le courant, ils découvrent que l’enfant est frêle, pesant à peine 50 kg, et bien qu’ils soient chacun en danger, il devient un combat pour le ramener en sécurité. « Une fois sur la berge, c’est la première fois que nous avons vraiment réalisé le péril encouru », confie Christophe, un autre des sauveteurs.
Après leur remontée, les occupants du véhicule sont pris en charge par les pompiers puis transférés au CHU pour des évaluations médicales. Stéphane déclare : « Nous ne sommes pas formés pour être sauveteurs, mais nous avons agi instinctivement. Cette expérience nous a profondément touchés. » Même si l'adolescent venait de commettre une infraction, lors de ce moment critique, ils ont agi avant tout en tant qu’êtres humains. S'ils avaient à répétition cet instant, aucun doute que leur choix serait le même, même face au danger.Malgré le contexte difficile, l’héroïsme des policiers a fait de cette histoire une véritable leçon de courage et de dévouement.







