Pour la première fois à la télévision, Marie-Christophine et Charles-Antoine Erignac ont partagé leur expérience dans l’émission C à vous sur France 5. Leur récit, intime et chargé de douleur, vient 28 ans après l’assassinat de leur père, le Préfet Claude Erignac, un événement tragique qui a marqué l'histoire de la Corse.
Silencieux pendant près de trois décennies, ils se sont exprimés après cinq procès. Marie-Christophine a sans détour évoqué leur conviction sur la culpabilité d'Yvan Colonna, déclarant : « Nous n’avons strictement aucun doute et nous avons une connaissance approfondie du dossier. » Elle a décrit la souffrance accrue provoquée par ces procès, mettant en lumière la « tentative de justifier l’injustifiable » de la part des accusés qui, selon elle, n’ont jamais véritablement assumé leurs actes. « Ces procès ont été longs et douloureux, un traumatisme judiciaire s’ajoutant à la perte de notre père, » a-t-elle promis.
L’incompréhension face à la violenceCharles-Antoine a fait part de son incompréhension face aux motivations de ceux qui ont tué leur père : « Je n’ai jamais compris ce qui pouvait animer ces hommes. Ils sont en France, un pays qui leur offre la liberté de penser et d'agir. Pourquoi recourir à la violence pour l'indépendance alors qu'ils vivent dans un État libre ? » Cette réflexion met en lumière le conflit corse sous un angle nouveau, questionnant le sens de la violence politique.
De la mort d'un homme, d'un père, à "l'Affaire Erignac"
Marie-Christophine a partagé le moment où elle a appris la mort de son père, une nouvelle transmise par leur mère, décrivant ce choc comme « inqualifiable ». Au fil des années, le récit de l’assassinat a progressivement obscurci l'image de Claude Erignac, un homme dévoué à ses missions publiques. Charles-Antoine se remémore son père comme un homme de dialogue, passionné par l'État et les valeurs républicaines.
Contrairement à l’image d’un préfet distant, ses enfants révèlent une vie familiale simple et chaleureuse, suivant leur père dans des sorties au musée ou à la plage. Claude Erignac, passionné de cyclisme, parcourait régulièrement les territoires dont il avait la charge, et seulement quelques jours avant son assassinat, il était en pleine activité.
Le vendredi 6 février 1998, alors qu’il s’apprêtait à assister à un concert, cette sortie innocente s’est transformée en une tragédie inévitable. Une part d’ombre persistante
Au-delà des condamnations qui ont suivi l’assassinat, Charles-Antoine souligne un point crucial : la méconnaissance des commanditaires de cet acte. « Nous ne savons pas qui a véritablement orchestré cet assassinat. Le véritable contexte pourrait rester dans l’ombre indéfiniment, » déclare-t-il, révélant ainsi une blessure toujours ouverte pour la famille.
Refusant d’embrasser une carrière publique comme leur père, les enfants d’Erignac perpétuent sa mémoire à travers le prix Claude Érignac, qui récompense chaque année des actions au service de la collectivité. Cette initiative témoigne de leur désir de contribuer positivement à la société tout en honorant l’héritage de leur père.
Pour voir l'émission C à vous avec les enfants de Claude Erignac, rendez-vous en Replay sur France TV (et sur YouTube) : https://www.youtube.com/watch?v=5YlmzVUQDNo







