Le procès de Lucas Larivée, poursuivi pour l’enlèvement, le viol et le meurtre de Justine Vayrac en octobre 2022, s'est prolongé ce samedi devant la cour d’assises de Tulle, dans la Corrèze. Alors que le verdict est attendu dans la soirée, les tensions sont montées au sein de l’audience.
La réquisitoire prononcé par l'avocate générale, Émilie Abrantes, a été particulièrement sévère, réclamant une réclusion à perpétuité. Elle a souligné que tous les faits corroborent une incapacité de l'accusé à mener une vie normale après son acte, incitant le jury à prendre en compte la protection de la société.
Les éléments présentés dans le dossier sont accablants, Émilie Abrantes notant que la timeline des événements rend la version de Lucas Larivée difficilement défendable. "Il a prétendu mettre 27 minutes pour prendre des mesures après le meurtre, ce qui est totalement incohérent," a-t-elle déclaré.
Les témoins et experts présents ont également mis en lumière des incohérences dans le récit de Larivée. Quatre psychiatres ont indiqué que son comportement et sa personnalité indiquent une dangerosité persistante. Ils le décrivent comme un individu egocentrique, peut-être même psychopathe, incapable de prendre conscience de ses actes.
Une lourde responsabilité pour les jurés
"Vous devez juger d'une manière qui protégera également Lucas Larivée de lui-même," a insisté Émilie Abrantes. Elle a ajouté que Justine Vayrac a subi un véritable supplice, et qu’il est impératif que la sanction soit à la hauteur de la gravité des faits.
L’avocat de Larivée, Maître Labrousse, a défendu son client en avançant que les accusations étaient gonflées par le climat médiatique. "Mon client n'est pas le monstre que l'on dépeint; il a été injustement qualifié de meurtrier dès le départ," a-t-il argué.
Revenant sur les événements tragiques, Maître Labrousse a tenté de dépeindre Larivée comme un homme ayant commis une erreur fatale plutôt qu'un prédateur délibéré. Il a introduit la thèse du "choking" - une pratique sexuelle controversée - en expliquant que l'accusé n'avait pas eu l'intention de tuer, mais simplement de mêler plaisir et danger.
Des anciennes compagnes de Lucas Larivée ont attesté de cette pratique dans le cadre de leurs relations, mais cela ne fait que soulever davantage de questions sur le caractère de l'accusé et ses vrais intentions.
Alors que les délibérations du jury approchent, la société reste suspendue aux décisions qui découleront de ce procès, car il ne s'agit pas seulement de rendre justice pour Justine Vayrac, mais aussi de réfléchir sur les implications sociétales plus larges d'un tel acte de violence.







