L'un des avocats d'Yvan Colonna, assassin du préfet Claude Erignac, a exprimé sa satisfaction suite aux nouvelles réquisitions du parquet. Quatre ans après la tragique disparition d'Yvan Colonna, le parquet a annoncé son intention de poursuivre Franck Elong Abé, le détenu radicalisé jugé responsable de son agression mortelle dans la prison d'Arles.
Ces réquisitions, demandant un procès pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste, ont été formulées le 20 février. Le parquet national antiterroriste a précisé que la cour d’assises spéciale devrait se pencher sur cette affaire.
Le 2 mars 2022, Franck Elong Abé, un détenu déjà impliqué dans des dossiers de terrorisme, a attaqué Yvan Colonna dans la salle de sport de la prison. Ce dernier purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, mais il a succombé à ses blessures le 21 mars. Les circonstances de cette agression soulèvent encore de nombreuses interrogations, notamment sur la présence d'agents pénitentiaires au moment précis de l'incident. D'après des documents d'enquête, Elong Abé était un détenu particulièrement signalé et sa libération était prévue pour décembre 2023.
Ce crime était prémédité
Les avocats de la famille Colonna, Anna Maria Sollacaro et Dominique Paolini, insistent sur le fait que les investigations n’ont pas été menées de manière exhaustive, ce qui pourrait entraver la manifestation de la vérité. Sylvain Cormier, représentant d'Yvan Colonna, a également souligné que cette agression était visiblement préméditée. L'instruction judiciaire manque de confirmation concernant les allégations selon lesquelles Elong Abé aurait agi de concert avec des services de l’État.
Lors de ses premières déclarations, Elong Abé avait justifié son acte comme une réaction à un blasphème présumé d'Yvan Colonna. Toutefois, dans une lettre adressée au juge, il a évoqué un acte « commandité », des affirmations qui restent contestées par le ministère de l'Intérieur.
De graves interrogations sur les circonstances de l’agression
Ces allégations doivent être abordées avec prudence, en raison de l'état mental d'Elong Abé, comme l'ont noté des experts. Les avocats de la famille Colonna relèvent aussi que des éléments cruciaux restent sans réponse, tels que l'absence d’un agent pénitentiaire lors de l'agression. Une commission d’enquête parlementaire a également évoqué des « graves défaillances » dans l’appréciation de la dangerosité du détenu.
L’État condamné
Une enquête préliminaire ouverte en 2023 contre l'administration pénitentiaire a finalement été classée sans suite en octobre 2025. Cependant, un jugement en février 2025 a condamné l'État à verser 75 000 euros aux héritiers d'Yvan Colonna, reconnaissant des manquements dans la surveillance des détenus. Depuis le décès d'Yvan Colonna, la Corse a vu de nombreuses manifestations, notamment de la part de lycéens et d'étudiants, témoignant de l'émoi suscité par cet événement tragique.







