L'intelligence artificielle est décrite comme "la technologie déterminante du XXIe siècle", représentant un défi majeur pour les États-Unis. Dans son document, l'Évaluation des menaces mondiales 2026, distribuée ce mercredi, le renseignement américain alerte sur la prolifération de l'IA et ses applications militaires.
Cette technologie prend une place prépondérante dans la stratégie défensive des États-Unis, capturant des millions d'investissements et suscitant une forte attention gouvernementale. Utilisée depuis 2017 pour le renseignement, l'IA a déjà montré son potentiel dans des "conflits récents", changeant la dynamique des opérations militaires modernes.
Cependant, l’analyse met aussi en lumière une compétition accrue, soulignant que "les avancées significatives réalisées par d'autres États en matière d'IA mettent à mal la compétitivité économique et la sécurité nationale des États-Unis". La Chine, en particulier, mise sur ses ressources et son large éventail de données pour un déploiement massif de l'IA.
Les concurrents chinois et russes
Cette nouvelle édition du rapport confère à l'intelligence artificielle un rôle plus saillant que dans les précédentes, la voyant comme une force qui influence non seulement la stratégie nationale, mais aussi les autres acteurs mondiaux, incluant la Russie, l'Iran et des groupes terroristes.
L'année dernière, les deepfakes russes figuraient déjà parmi les menaces mentionnées, en tant qu’outil de manipulation au service de Moscou. Le but ultime de la Chine, selon les évaluations, est de dépasser les États-Unis en tant que leader mondial en IA d'ici 2030. Les autorités américaines préviennent qu’"au fil des ans, les gouvernements pourraient recourir à de nouvelles technologies intrusives, telle que l’IA générative, renforçant ainsi la répression d'État".
"La Chine entraîne une adoption massive de l'IA grâce à ses talents, ses données et ses fonds publics. Rester le leader mondial en IA est un atout stratégique pour les États-Unis, mais la compétition est intense et la Chine vise à les surpasser".
Lors de son audition devant le Sénat, Tulsi Gabbard a tiré la sonnette d'alarme concernant une récente opération de cybercriminalité initiée par la Chine, qui exploitait l'IA pour extorquer des fonds à des institutions. Ce rappel illustre les menaces réelles decorrélées de l'utilisation d'outils d’intelligence artificielle
D'un rapport à l'autre : des lacunes notables
Il est intéressant de noter que ce rapport semble minimiser le rôle de l'IA dans des problématiques telles que la désinformation ou l'ingérence électorale, des questions qui préoccupaient pourtant fortement les américains l'année passée. Selon un article de DefenseOne, la vigilance sur ces enjeux a visiblement diminué, malgré les craintes exprimées concernant l'impact de technologies telles que l'IA générative sur l'intégrité des élections.
Dans un contexte où les dispositifs contre la désinformation se fissurent aux États-Unis, les voix européennes continuent d'appeler à prendre conscience des menaces. "Avec l'IA, une nouvelle étape dans la guerre cognitive a été franchie", a déclaré Kaja Kallas, Vice-présidente de la Commission européenne, soulignant l'importance persistante de ces problématiques dans l'espace démocratique actuel.







