La guerre au Moyen-Orient évoque la possibilité d'un nouvel imbalance pour l'immobilier européen, en particulier en France, qui a déjà traversé une période de crise prolongée. Les professionnels du secteur commencent à exprimer leurs préoccupations face à des conséquences potentielles si le conflit se prolonge.
• l'angoisse d'une recrudescence des coûts de construction
La flambée des prix de l'énergie, la première conséquence directe du conflit, s'est intensifiée depuis le début des hostilités. Le prix du gaz en Europe a grimpe de 35 % après une attaque sur un site de production majeur au Qatar, atteignant environ 70 euros le mégawattheure, tandis que le pétrole a franchi la barre des 110 dollars le baril. Bien que ces chiffres soient inférieurs à ceux observés au début de la guerre en Ukraine en 2022, le gouvernement français, via Bercy, met déjà en garde contre une future hausse des factures de gaz prévue pour mai.
Selon la Fédération française du bâtiment (FFB), la situation d'approvisionnement en Europe est, pour l'instant, stable, un contraste frappant avec les ruptures de chaînes d'approvisionnement observées durant la crise de la Covid-19. Cependant, l'assurance d'une stabilité demeure précaire, car le coût des matériaux de construction commence à ressentir les effets de l'escalade des prix de l'énergie, entraînant une augmentation de 10 % des coûts liés à des produits tels que le bitume et l'aluminium.
De plus, les prix du cuivre continuent de grimper, avec une hausse de 40 % depuis août 2025, un facteur préoccupant pour les professionnels du bâtiment. Olivier Salleron, président de la FFB, invite à la mise en place de clauses d'augmentation de prix pour anticiper ces fluctuations. En dépit d'une prévision de reprise pour 2026 avec une augmentation projetée de 11,2 % dans le secteur de la construction, la confiance des investisseurs et des acteurs du marché reste fragile en raison des incertitudes géopolitiques.
• des taux d'intérêt pour l'instant stables
Un autre sujet de préoccupation demeure la hausse imminente des taux d'intérêt. Malgré une reprise de la production de crédits immobiliers l'an dernier, avec une augmentation de 33 %, la Banque centrale européenne a décidé de maintenir ses taux directeurs à 2 % pour le moment. Toutefois, une décision future d'augmentation pourrait restreindre la croissance et ralentir la sortie de crise.
Actuellement, les taux d'intérêt sur les prêts immobiliers atteignent en moyenne 3,25 % sur 20 ans. Cependant, la nécessité d'un contrôle vigilant sur l’augment des taux persiste, surtout en considérant que 50 % des emprunteurs sont primo-accédants. Parallèlement, le niveau d'apport personnel augmente légèrement dans un environnement de prix en hausse.
L'Observatoire Crédit Logement note une tension croissante autour des taux d'OAT, un indicateur très prisé. Ces taux ont enregistré ces dernières semaines une hausse significative, les banques adoptant une position plus prudente quant à l'octroi de crédits.
“la guerre au Moyen-Orient n'est pas un game-changer.” affirme Pierre Sabatier, économiste, soulignant que la sensibilité des taux d'intérêt aux événements géopolitiques demeure limitée.
• les investisseurs dans l'attente d'une clarté
Pour l'heure, les investisseurs restent prudents face à l'incertitude du marché, certains reportant leurs projets dans un contexte d'élections municipales en cours. Cependant, des signaux positifs émergent, avec une redirection vers les capitaux européens, notamment vers des capitales telles que Paris, perçue comme une valeur refuge.
Ainsi, tandis que la Banque de France maintient ses prévisions de croissance pour 2026, elle met en garde contre les menaces que le conflit pourrait faire peser sur l'économie. Il est donc essentiel de suivre l'évolution de ces événements pour mieux préparer l'avenir.







