Un procès aux enjeux considérables s’achève avec des répercussions potentielles pour Elon Musk. Vendredi dernier, un jury californien a conclu que le milliardaire avait trompé les actionnaires de Twitter lors de son rachat tumultueux du réseau social en 2022. Toutefois, il n’a pas été reconnu coupable de manœuvres frauduleuses délibérées visant à déprécier l’action, d’après le verdict. Rapidement après l’annonce, les avocats de Musk ont annoncé leur intention de faire appel, qualifiant cette décision de "contretemps".
Après trois semaines de débats, durant lesquels le magnat a témoigné en personne, le jury a déterminé que deux tweets de Musk en mai 2022 contenaient des affirmations trompeuses responsables de la chute du cours de l’action Twitter. Ces déclarations constituent un tournant dans une affaire souvent décrite comme très atypique pour un entrepreneur réputé pour sa capacité à échapper à des conséquences judiciaires.
Des pertes estimées à 2,6 milliards de dollars
Les dommages, encore à estimer précisément, pourraient atteindre 2,6 milliards de dollars selon les avocats des plaignants. En utilisant un peu d’ironie, il est intéressant de noter que ce jugement arrive presque deux décennies après le tout premier tweet de Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, posté le 21 mars 2006.
Il s’agit d’une des rares déceptions judiciaires pour Musk, souvent surnommé "Teflon Elon" en raison de sa résilience face aux complications juridiques. En effet, ses avocats ont rappelé qu’il avait récemment été blanchi lors d’un autre procès dans le Texas pour diffamation.
Une controverse entourant les fausses déclarations
Ce procès a centré son attention sur les déclarations de Musk concernant le nombre de faux comptes sur Twitter. Il a affirmé que la plateforme présentait un pourcentage de comptes spam bien supérieur aux 5 % annoncés. Il soutenait que cette "tromperie" était la raison pour laquelle il voulait se retirer de l'accord. Suite à ses tweets, le prix de l'action avait chuté de 17 % en seulement deux jours, incitant certains investisseurs à vendre leurs parts.
Les actionnaires en première ligne
Les plaignants ont fait valoir que les déclarations de Musk étaient partie d’une stratégie pour entraîner le conseil d’administration à lui permettre d’acquérir Twitter à un prix inférieur, à un moment où la valeur de l’action Tesla continuait de baisser et rendait le financement plus compliqué. Après ses tentatives de désengagement, Twitter lui avait intenté un procès dans le Delaware pour le forcer à respecter l’accord. Juste avant le début des procédures judiciaires, Musk avait finalement décidé d’honorer l’offre initiale, avant de rebaptiser la plateforme X. Cela a entraîné des pertes pour certains actionnaires dont le prix de cession a dépassé 30 % par rapport à la valeur finale de l’achat réalisé par Musk.







