Londres a annoncé le 11 avril la mise sur pause de la restitution des îles Chagos à Maurice, à la suite du refus du président américain Donald Trump de soutenir cet accord crucial. Le gouvernement mauricien a affirmé son engagement à poursuivre le « processus de décolonisation », malgré cet obstacle.
La décision britannique découle du manque de « soutien » américain sur le projet, comme l’a déclaré un porte-parole de Downing Street. Les îles Chagos abritent une base militaire stratégique américano-britannique, rendant la question particulièrement délicate sur le plan géopolitique.
Le ministre mauricien des affaires étrangères, Dhananjay Ramful, s’est exprimé, promettant de ne pas relâcher « aucun effort » pour « achever le processus de décolonisation dans cette partie de l’océan Indien ». Cet accord, signé en mai 2025 après des années de négociations intenses, avait déjà suscité des tensions au sein de la « relation spéciale » entre Londres et Washington.
En effet, l’accord de restitution doit être approuvé par les deux chambres du Parlement britannique avant la clôture de la session parlementaire en mai, et les textes non votés sont généralement abandonnés. La BBC, parmi d’autres médias, a rapporté le blocage de l’accord, causé par l’absence de soutien américain et la paralysie parlementaire.
Un bail de 99 ans pour 4 milliards d’euros
Selon les conditions de l'accord, le Royaume-Uni doit redonner à Maurice l'archipel des Chagos tout en conservant un bail de 99 ans sur l'île principale, Diego Garcia. Cette entente permettrait de garantir la base militaire, impliquant un coût total d'environ 4 milliards d'euros. Un porte-parole de Downing Street a réaffirmé la nécessité de cet accord pour assurer la sécurité à long terme de la base.
Trump fustige la « grande stupidité » de Londres
Le président Trump avait initialement soutenu l'accord, mais a changé de position, qualifiant la démarche britannique de « grande stupidité ». Au cours des dernières semaines, il a fortement critiqué le Royaume-Uni pour son manque de coopération, exprimant sa déception à l'égard de Keir Starmer, le leader du Parti travailliste.
Diego Garcia, base stratégique majeure
La base de Diego Garcia a joué un rôle clé durant les guerres en Irak et les opérations en Afghanistan. Les opérations militaires menées depuis cette base soulignent son importance en tant que plateforme stratégique pour les forces américaines.
Les discussions entre Londres et l'île Maurice se poursuivent, alors que la situation dépend largement de l’attitude de la Maison-Blanche. Un expert du Foreign Office, Simon McDonald, a souligné que, face à une hostilité ouverte du président américain, le gouvernement britannique doit ajuster sa stratégie.
Une rétrocession demandée par l’ONU
Lors de la signature de l'accord, Keir Starmer avait déclaré qu'il n'existait « aucune alternative » à cette restitution. Le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, avait salué cet événement comme une « grande victoire », marquant une étape cruciale dans le processus de décolonisation qui a débuté lors de l'indépendance de l'île en 1968. La question de la souveraineté des Chagos fut soulevée par l'ONU, qui a ordonné leur restitution à Maurice, renforçant la légitimité des revendications mauriciennes.







