Le 14 décembre 2025, le Chili a élu José Antonio Kast, figure montante du nationalisme de droite, en tant que président. Avec 58 % des voix lors du second tour, il a devancé la candidate communiste Jeannette Jara, qui a obtenu 41 %. Cette victoire marque un tournant dans l'arène politique chilienne, confirmant la montée de la droite en Amérique latine, particulièrement dans un contexte où de nombreux citoyens sont déçus par les promesses non tenues de la gauche.
"Merci le Chili. Au travail !" a déclaré Kast dans une allocution à la suite de son élection. Son triomphe a été salué par des leaders de droite non seulement au Chili mais aussi dans toute l'Amérique, y compris le président argentin Javier Milei, qui a exprimé sa joie quant à ce qu'il considère comme une avancée pour la liberté.
José Antonio Kast, né en 1966 à Santiago dans une famille d'origine allemande, incarne un conservatisme assumé. Son père, un ancien officier de la Wehrmacht ayant émigré au Chili, est un aspect de son héritage souvent évoqué par ses détracteurs. Kast a clairement affirmé à plusieurs reprises que son père « a reconstruit sa vie au Chili avec honnêteté et travail » et n'était pas un criminel.
Sur le plan personnel, Kast est un catholique pratiquant, père de neuf enfants. Il a une vision de l'histoire chilienne qui se veut équilibrée, tenant compte de la période de la dictature de Pinochet comme d'un héritage à analyser plutôt qu'à renier. "Si Pinochet était en vie, il voterait pour moi !" a-t-il même lancé lors d'un discours en 2017.
Après avoir été député pendant seize ans, Kast a fondé son propre Parti républicain en 2019, rompant avec l'Union démocrate indépendante qu'il jugeait trop timorée. En 2021, il avait déjà atteint le second tour avec 44 % des voix, témoignant d'une réelle montée en puissance avant de triompher en 2025.
À 59 ans, il se distingue par son programme axé sur la sécurité, la lutte contre l'immigration illégale et la rigueur budgétaire. En campagne, il a indiqué vouloir augmenter les fonds destinés aux forces de l'ordre et mettre en place un « Plan national de récupération territoriale », tout en promettant des réductions de budget ciblées dans d'autres secteurs afin de relancer une croissance économique qu'il juge nécessaire.
Sa stature publique contraste avec celle de ses pairs comme Javier Milei, qui prône un style plus flamboyant. Kast, quant à lui, adopte une posture mesurée, valorisant l'ordre et la stabilité au sein d'un Chili profondément divisé.
Certaines voix critiques se font entendre quant au risque d'une polarisation accrue dans la société chilienne, notamment dans la gestion de la sécurité et des droits civiques, mais les partisans de Kast soulignent sa constance idéologique dans un paysage politique souvent marqué par l'instabilité. "Sans sécurité, il n'y a pas de paix, et sans paix, il n'y a pas de démocratie," a-t-il déclaré lors de son discours de victoire, faisant ainsi écho à une vision que partagent de nombreux Chiliens en quête de solutions concrètes.
Dans le contexte latino-américain, la victoire de Kast s'inscrit dans une tendance émergente de leaders de droite qui, face aux promesses non tenues de la gauche, semblent recueillir la faveur des électeurs, comme le souligne Semana.
Reste à voir si Kast pourra concrétiser ses ambitions et transformer cette victoire en résultats concrets pour un pays en quête de renouveau.







