Ce mercredi 29 avril, l'ancien président Nicolas Sarkozy se retrouve à nouveau devant la cour d'appel de Paris, où il est appelé à réagir à des affirmations inédites de Claude Guéant, son ancien bras droit. Au cœur de ce procès en appel, deux lettres envoyées par Guéant, bien que ce dernier ait été contraint de s'absenter pour des raisons de santé, viennent fragiliser la défense de Sarkozy dans l'affaire du financement présumé de sa campagne électorale de 2007.
Dans ces courriers percutants, Guéant conteste plusieurs déclarations de Sarkozy, ébranlant ainsi la ligne de défense que les deux hommes avaient maintenue lors du procès initial, où ils avaient été condamnés à six et cinq ans de prison respectivement. Cette nouvelle position de Guéant remet en question la stratégie de défense conjointe qu'ils avaient adoptée.
Guéant contre-attaque et contredit Sarkozy
Le tournant devient évident. Selon Guéant, qui a pris la parole pour défendre son point de vue, Sarkozy se serait trompé sur plusieurs aspects clés de l’affaire. Il a notamment suggéré que le président aurait agi pour son propre intérêt. Cette révélation a vraisemblablement pris Sarkozy au dépourvu, lui qui considérait Guéant comme l'un de ses plus proches alliés.
Guéant a affirmé que Sarkozy lui avait effectivement demandé d'examiner la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi, le beau-frère de Mouammar Kadhafi, jugé pour terrorisme en France. Alors que Sarkozy soutenait n'avoir jamais été informé de rencontres entre Guéant et Senoussi, Guéant a argué que plusieurs occasions avaient été propices pour traiter ce sujet, le qualifiant même d'« inévitable ».
Le point sensible du dossier Senoussi
Ces nouvelles révélations arrivent au moment où l'accusation émet de sérieux soupçons quant à un éventuel « pacte de corruption » entre des proches de Sarkozy et le régime de Kadhafi. Ce pacte aurait mis en lumière un soutien financier occulte à la campagne du candidat en 2007.
Alors que la tension monte, Nicolas Sarkozy est rappelé à la barre pour apporter des clarifications sur ces contradictions. Cette audience pourrait être l'une de ses dernières chances d'expliquer sa position dans cette affaire délicate, où les affirmations de son ancien collaborateur intensifient la crise autour de sa défense.







