Lors d'un récent appel à notre antenne, Jean-Michel, un patient atteint d'un cancer avancé, a partagé son calvaire face à une navigation complexe dans les soins, aggravée par un refus d'embarquement pour cause de papiers manquants. Ce témoignage illustre une réalité alarmante en Corse : le manque de spécialistes et d'équipements pour détecter et traiter les mélanomes.
Evelyne, une auditrice, a souligné l'importance de l'introduction de technologies avancées, telles que les scanners 3D, pour améliorer le dépistage. « Ce scanner permet de photographier le corps entier pour détecter les mélanomes et prioriser les urgences », explique-t-elle.
Le Dr Antoine Grisoni, président de l'URPS des médecins libéraux de Corse, reconnaît l'urgence de la situation. « Des dermoscopes connectés sont déjà en place, et les images sont envoyées à des dermatologues pour avis. Toutefois, l'usage des scanners 3D est limité à condition d’avoir un parcours de soins approprié », précise-t-il.
Pourtant, plus de 7 500 téléexpertises ont été réalisées grâce à l'application CorsicaDerm, avec une équipe d'une dizaine de dermatologues et environ 80 généralistes impliqués, offrant des délais de réponse de 40 heures.
Qu'est-ce qui freine vraiment le dépistage des cancers de la peau ?
Malgré ces avancées, le Dr Grisoni mentionne un enjeu majeur qui entrave la détection précoce des cancers cutanés. « L'azote liquide, essentiel pour traiter les lésions précancéreuses, est très difficile à trouver ici et peut coûter jusqu'à cinq fois plus cher », déclare-t-il. Cette situation complique l'accès aux soins, même pour les nouveaux praticiens, comme une jeune dermatologue récemment installée en Balagne.
Ce défi, selon le Dr Grisoni, nécessite une réponse rapide et coordonnée des pouvoirs publics pour garantir un accès équitable aux soins dermatologiques. La santé publique en Corse dépend désormais de la capacité à surmonter ces obstacles et à améliorer le dépistage des mélanomes.







