Ce lundi, le conseil communautaire de la Communauté d'Agglomération du Pays Ajaccien (CAPA) a voté un budget annuel faisant état de 198,8 millions d'euros, un montant en légère baisse par rapport à l'année précédente. Cette décision a été fortement contestée par les conseillers communautaires, notamment issus des mouvements nationalistes et d'extrême droite, qui ont exprimé leurs inquiétudes concernant la hausse des taxes et la gestion des dépenses publiques.
Avec un recul de 2 % par rapport à l'année précédente, ce budget primitif a été adopté après un débat enflammé, où l'opposition a critiqué non seulement l'augmentation de diverses taxes, mais également la réduction des investissements et les orientations des dépenses de fonctionnement. En réponse, les membres de la majorité ont souligné que les impôts des contribuables seraient remplacés par des réalisations concrètes à venir.
Le budget de la CAPA se compose d'une allocation principale de 100,2M€, de 40,1M€ consacrés aux transports, de 35,1M€ à l'environnement, de 12,8M€ pour l'assainissement, et de 9M€ pour la gestion de l'eau, comme le précise le document qui accompagne cette décision.
La CAPA se présente comme une victime d'un contexte économique national et régional difficile. Ainsi, elle mentionne des "prévisions économiques assombries par le conflit au Moyen-Orient", ainsi qu'une baisse des aides de la Collectivité de Corse, ce qui impacte directement sa capacité d'investissement dans des projets essentiels.
En termes de fonctionnement, le budget de la CAPA se partage entre 25M€ d'investissements et 78M€ pour le fonctionnement régulier. Parmi les priorités figurent 22M€ d'investissements pour les transports, 6M€ pour l'environnement, et des sommes allouées à la gestion de l'eau et à l'assainissement.
Les élus nationalistes, notamment Romain Colonna de Femu a Corsica, ont rapidement pris la parole lors de cette séance en se demandant si la création de six nouveaux postes permanents était vraiment nécessaire, en raison de l'explosion des coûts des derniers budgets."Vous nous demandez d'approuver des créations d'emplois alors que les coûts ont augmenté de 44,5 % en cinq ans", a-t-il argué.
Stéphane Sbraggia, président de la CAPA, a rétorqué que ces postes étaient nécessaires pour accueillir de nouveaux services, affirmant qu'il ne fallait pas confondre création d'emplois et dépenses inutiles. Ce type d'argumentation a alimenté un débat sur la durée relative aux effectifs de la CAPA.
En matière de fiscalité, les modifications viennent perturber le confort des ménages, avec des augmentations notables des taxes. Par exemple, la taxe foncière sur les propriétés bâties a bondi de 6 % à 10,50 %. « Ces ajustements étaient prévisibles et nous n'avons pas appliqué les hausses annuelles dues », a déclaré Xavier Lacombe, vice-président de la CAPA.
Dans ce climat, François Filoni du Rassemblement National a observé que, bien que la majorité soit prise dans un « système », les hausses fiscales pourraient devenir insoutenables pour les ménages."La machine va exploser si nous continuons sur cette voie sans trouver des alternatives viables".
Face à ces préoccupations, la CAPA a également mis l’accent sur sa dette à rembourser, qui s’élève à plus de 7,8 millions d’euros cette année, avec un taux d’emprunt relativement bas de 2,6 %.
Dans un contexte économique tendu, il reste à savoir comment la CAPA pourra équilibrer ses comptes tout en répondant aux attentes de la population, assure Lacombe. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour la CAPA, tant sur le plan budgétaire que pour le bien-être de ses administrés.







