Le président américain, Donald Trump, continue de défendre son projet de salle de bal à la Maison-Blanche, un chantier qu'il a initié sans l'aval du Congrès. Son annonce a suscité de vives réactions, notamment après un incident au dernier gala de la presse où il a mentionné un bunker sécurisé qui sera construit sous cette nouvelle salle. L’Œil du 20H s'est penché sur cette initiative controversée.
Prévue pour accueillir jusqu'à 1 000 convives, cette salle de bal monumentale devrait être édifiée à l'est de la Maison-Blanche. D'un coût estimé à 400 millions de dollars, ce projet ambitieux a particulièrement retenu l'attention du président. « J'ai toujours aimé le doré. Ce sera la plus belle salle de bal du monde », a-t-il déclaré récemment lors d'une réunion sur l'Iran, interrompant la discussion pour parler décor.
Cependant, cette entreprise pharaonique provoque de vives critiques aux États-Unis. De nombreux visiteurs de la Maison-Blanche ne peuvent s'empêcher de s'interroger sur la pertinence de détruire une aile entière pour réaliser cet agrandissement. Des travaux entamés en octobre dernier ont rapidement été interrompus par une action en justice d'organismes de préservation du patrimoine. « La salle de bal est trois fois plus grande que la Maison-Blanche elle-même. Cela soulève d'importantes questions sur la signification de la Maison-Blanche en tant que demeure du peuple », souligne Daniel Scott, architecte pour le National Trust for Historic Preservation.
Un projet titanesque
Quelles sont les caractéristiques de ce bâtiment futuriste ? Des modélisations le montrent un peu plus grand qu'un terrain de football. Les experts ont également noté des aspects surprenants, comme les colonnes nombreuses qui pourraient obstruer la vue à l’intérieur et un escalier principal menant à une impasse. « Pour accéder au bâtiment, il faudra passer par le côté gauche, ce qui semble absurde », critiquent les opposants.
Quant au financement du projet, Trump a affirmé qu’aucun centime ne viendrait des contribuables, mais plutôt de mécènes privés. Sous pression, la Maison-Blanche a fini par admettre que des géants tels qu'Apple, Amazon et Google ont contribué financièrement. Lors d'un dîner de remerciement en octobre, la plupart des donateurs ont cependant préféré rester sous le radar.
« Nous vous célébrons ce soir pour vos contributions significatives », a affirmé Trump, tout en conservant un certain flou autour des identités des donateurs. En effet, certains d'entre eux, comme un magnat du pétrole et le vice-président d'une grande compagnie de tabac, ont souhaité garder l'anonymat.
Comme l’a révélé le New York Times, le groupe sidérurgique ArcelorMittal serait l'une des entités ayant proposé une donation d'acier de 37 millions de dollars. Peu après ce don, Trump a annoncé des allègements sur les droits de douane pour certains types d'acier, une mesure qui pourrait avantager le géant de l’industrie. Pour les ONG de surveillance, ces donations anonymes soulèvent des questions éthiques. Jon Golinger, avocat à Public Citizen, avertit sur les risques de conflits d'intérêts : « Les donateurs anonymes pourraient espérer des contrats lucratifs en échange de leurs contributions », insiste-t-il.
Pour la Maison-Blanche, la sécurité est désormais une priorité, l'ajout prévu d'un bunker étant justifié par la fusillade récente. Ce projet hors norme continue de diviser l'opinion publique et suscite des débats passionnés quant à l'avenir de la Maison-Blanche.







