Trois passagers d'un bateau de croisière, touchés par un foyer d'hantavirus ayant causé la mort de plusieurs personnes, ont été évacués vers l'Europe pour une prise en charge médicale. Les autres passagers, confinés à bord du MV Hondius, ne présentent plus de symptômes, et le navire est attendu aux Canaries ce weekend.
Naviguant entre le Cap-Vert et Tenerife, le croisiériste Oceanwide Expeditions a assuré que la situation à bord est désormais maîtrisée. "Plus aucune personne n'a de symptômes", a déclaré la compagnie dans un communiqué.
Selon Marine Traffic, le navire devrait atteindre les Canaries dimanche en milieu de journée, en attendant une évacuation prévue pour la semaine prochaine. Meanwhile, les autorités sanitaires tentent d'identifier l'origine du foyer et les éventuels contacts à risque.
L'hantavirus, transmissible via les rongeurs, n'offre ni vaccin ni traitement spécifique. La souche des Andes, impliquée ici, est connue pour sa capacité de transmission entre humains. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination semble remonter à avant le début de l'expédition.
Le premier cas mortel, un Néerlandais de 70 ans, a montré des signes d'infection dès le 6 avril. Selon l'experte technique de l'OMS, Anaïs Legand, la période d'incubation de ce virus peut s'étendre de deux à trois semaines.
Les trois victimes incluent un septuagénaire néerlandais, son épouse, ainsi qu'une Allemande. Pendant ce temps, un homme reste hospitalisé à Johannesburg et un autre à Zurich.
Les passagers évacués ont été hospitalisés aux Pays-Bas et en Allemagne. Une hôtesse de l'air de KLM est également sous observation après avoir montré des symptômes, ayant été en contact avec l'un des patients décédés.
Les inquiétudes persistent, notamment sur l'île de Sainte-Hélène, où des passagers ont débarqué le 24 avril. Oceanwide Expeditions assure qu'ils sont en train de recenser tous les passagers et membres d'équipage ayant pris part à la croisière.
Un passager apparemment inquiet a exprimé son étonnement face à l'insouciance de l'équipage concernant le virus. Selon lui, malgré la mort survenue à bord le 11 avril, la vie continuait normalement sur le navire.
D'après les autorités espagnoles, tous les passagers resteront à bord jusqu'à ce que les repatriations puissent être effectuées. Un dispositif d'évaluation sanitaire est en cours de mise en place pour garantir la sécurité des évacués. Ce processus bénéficiera de l'aide de l'UE pour le rapatriement des passagers non européens.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a estimé que le risque pour la population mondiale demeure faible pour le moment. Il a rappelé que cette situation ne devrait pas être comparée à celle initiale de la pandémie de Covid-19.
L'hantavirus est connu pour être endémique dans certaines régions d'Argentine, notamment dans les Andes, avec environ 60 cas signalés annuellement ces dernières années.







