« On n’abandonnera personne » face à l’augmentation des prix des carburants, a affirmé Sébastien Lecornu lors de son déplacement à Toulouse, jeudi 7 mai, alors que des annonces gouvernementales sont attendues en début de semaine prochaine.
Le prix de l'essence en France a atteint un niveau sans précédent depuis le début des conflits au Moyen-Orient, et le gouvernement prévoit de faire des annonces pour « changer d’échelle » et ajuster « ses dispositifs de soutien à l’activité économique » en début de semaine prochaine. Lors de son point presse à Toulouse, le Premier ministre a souligné que « d’autres professions », au-delà de celles déjà soutenues comme les pêcheurs ou les agriculteurs, pourraient bénéficier d'un soutien supplémentaire en matière de trésorerie.
Garantir le travail et le pouvoir d’achat
« L’objectif est d’assurer la continuité du travail et de maintenir le pouvoir d'achat des Français face à cette crise », a déclaré Lecornu. Il a également précisé travailler avec ses ministres pour évaluer « l’impact global » de cette crise sur l'économie, notamment en ce qui concerne l'approvisionnement en matériaux liés au pétrole, devenus critiques, notamment pour la production d'engrais.
Il a exprimé sa « complète conscience » de la pression exercée par la hausse des prix sur les Français, qualifiant la situation de « très mauvaise séquence ». Le gouvernement a d'ailleurs incité le secteur public à pratiquer le télétravail, limiter les déplacements et envisager des indemnités liées au carburant.
A qui profite la crise ?
Lors d'une conférence de presse à Paris, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a souligné que « ce n’est pas sur le carburant que les distributeurs font leurs marges ». En avril, pour un plein de gazole de 50 litres, la marge nette de la distribution était d’environ 1,50 € seulement, selon des chiffres fournis par la FCD. Judith Jiguet, déléguée générale de l'organisation professionnelle, a également mentionné que les marges des distributeurs étaient contenues, tandis que d'autres acteurs comme les majors du secteur profitent de la situation. Elle a proposé que le gouvernement concentre davantage d’attention sur les prix de vente des raffineurs.
Cette question résonne particulièrement alors que la polémique sur les profits des grandes entreprises, comme ceux de TotalEnergies, grandissent en France. Le ministère de l’Économie a confirmé que les marges brutes des distributeurs n’avaient pas augmenté, affirmant sa volonté d'assurer « la transparence » sur l'évolution des prix à la pompe depuis le début du conflit dans le Golfe.







