Depuis 2024, la Pologne, pays limitrophe de l'Ukraine, connaît une augmentation sans précédent des menaces hybrides, principalement attribuées à la Russie, comme l'indique l'Agence de sécurité intérieure (ABW) dans son dernier rapport daté du 6 mai. Ce document, le premier en près de dix ans, souligne une intensification des attaques visant la sécurité nationale.
Un chiffre expliquant cette tension : 69 enquêtes pour espionnage ont été ouvertes en 2024 et 2025, totalisant autant de cas que durant les trois décennies précédentes. En effet, rien qu’en 2025, ce sont 48 nouveaux dossiers qui ont été lancés, un chiffre à mettre en perspective avec la moyenne de cinq cas d’espionnage par an observée avant l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Cette crise a vu, à ce jour, 82 personnes suspectées d'espionnage inculpées en Pologne, dont 62 se trouvent actuellement en détention.
Actions de sabotage orchestrées par des agents russes
Les services de sécurité polonais mettent également en lumière le défi le plus grave représenté par les tentatives de sabotage, inspirées et organisées par les services spéciaux russes. Ces attaques ciblent notamment des installations militaires, des infrastructures essentielles, ainsi que des bâtiments publics et des sites liés à l'aide apportée à l'Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe.
L’ABW précise que les agents russes évoluent constamment dans leurs méthodes d'opération et perfectionnent leurs outils d’actions hybrides. Beaucoup d’entre eux se servent d’intermédiaires recrutés en ligne, souvent payés en cryptomonnaies, ainsi que de réseaux criminels pour mener à bien leurs opérations.
Parallèlement, la Biélorussie, alliée de Moscou, intensifie ses efforts d’infiltration, notamment au sein des communautés d'opposants vivant en exil. Le rapport évoque également la Chine, dont les interventions se concentrent sur des stratégies d’influence économique et politique sur la Pologne et l’Europe.







