Odile Cesari est l’unique Française résidant sur l’île de Tristan de Cunha, dans l’Atlantique sud, où l’OMS a signalé un « cas probable » d’hantavirus. Son témoignage met en lumière les défis d’un accès limité aux soins dans ce lieu isolé.
Suite à l'escale du navire Hondius, touché par l’hantavirus, Tristan de Cunha, petite île britannique de 220 habitants, a enregistré un « cas probable ». Odile Cesari, originaire de Corse et scientifique, souligne : « La prudence est de mise, mais c’est un virus peu contagieux ; il nécessite un contact étroit »..
Le Hondius, ayant quitté Ushuaia (Argentine), a débarqué à Tristan mi-avril. Quelques jours plus tard, un habitant britannique présent à bord a développé des symptômes. Après enquête, l’OMS a qualifié ce cas de « probable ». Selon Odile, cet homme est désormais « stable à l’hôpital » et sa famille est mise en isolement.
Inquiétudes sur l’isolement tardif
« L’inquiétude découle du fait que les symptômes de l’homme sont apparus le 28 avril, mais l’OMS n’a fait son annonce que le 2 mai. Cela a retardé l’isolement nécessaire », note la jeune femme de 26 ans, opératrice pour Enviroearth.
Tristan Da Cunha, isolée, ne dispose pas d’aéroport et uniquement d’un hôpital local avec deux médecins. Pour pallier le risque de pénurie de médicaments, « huit militaires britanniques », dont deux soignants, ont été parachutés, emportant des produits médicaux essentiels.
Tout a démarré lorsque le Hondius, qui avait initialement prévu d'arriver le 15 avril, a dû avancer son escale suite à une urgence médicale. Ce navire a malheureusement enregistré un décès lors de la traversée.
Odile mentionne qu’un service en mémoire de la victime, un Néerlandais de 70 ans, a été organisé par sa veuve, qui est soi-même décédée peu après. La contamination à l’hantavirus de cette dernière a été confirmée le 4 mai, bien qu’elle n'ait pas montré de symptômes pendant son séjour.
Contacts avec les enfants de l’île
Odile explique que des passagers du Hondius ont eu des interactions avec des enfants de l’île : « Des activités éducatives ont eu lieu à l'école avec des membres de l'équipage ». Les risques d’infection sont sujets à débat. « Le virus est peu transmissible, mais l’incubation peut être prolongée », admet-elle, s'interrogeant sur de possibles symptômes à venir chez ceux qui ont été en contact avec le malade.
Elle conclut : « Dans un lieu aussi reculé, réaliser des tests rapidement est impossible, ce qui complique la situation. »
Au 13 mai, l’OMS a recensé 11 cas d’hantavirus, dont 8 confirmés. Trois tragiquement décédés.







