Le président américain a dévoilé, le 4 juin, un plan ambitieux de 700 millions de dollars destiné à revitaliser l'industrie du charbon dans 13 États. Cette annonce survient dans un contexte de tensions croissantes suite à la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran et alors que les critiques sur sa politique énergétique se font plus pressantes.
Dès le début de sa conférence de presse, Donald Trump a souligné que les États bénéficiaires de cet investissement avaient largement voté en sa faveur lors des dernières élections. Grâce à la « loi sur la production de défense », le président s'accorde le pouvoir d'agir en temps de crise, un argument qu'il a utilisé pour justifier cet investissement massif dans le charbon, malgré les accusations potentielles de clientélisme (source : Humanité).
Les fonds serviront à établir un nouveau terminal d’exportation à Oakland (Californie), à lancer de nouvelles centrales en Alaska et en Virginie-Occidentale, à redémarrer une installation au Maryland, ainsi qu'à soutenir des sites de production dans des États comme l'Indiana et le Kentucky. Ces États abritent quatorze centrales électriques et quarante-deux mines de charbon, participant ainsi à un plan de relance économique (source : Humanité).
« Propre et beau »
Depuis 2013, la dernière centrale à charbon mise en service aux États-Unis a été le Sandy Creek Energy Center au Texas. Trump affirme que cette initiative permettra d’investir dans ces infrastructures, prolongeant leur durée de vie de plusieurs décennies. Il a ajouté que cela garantirait des tarifs d’électricité compétitifs tout en maintenant la fiabilité du réseau national. Néanmoins, les conséquences sur la santé publique sont alarmantes : entre 1999 et 2020, les émissions de charbon ont été responsables de la mort de 460 000 personnes aux États-Unis, selon une étude de Harvard et d'autres universités.
Cette décision pourrait bien être une réaction à la fermeture du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour 20 % du pétrole et du gaz mondial, accru de plus de 50 % dans ses prix (source : Humanité).
À l’opposé du consensus scientifique
Cette manœuvre s'inscrit également dans un effort plus large pour démanteler les politiques énergétiques de l'administration Biden. Doug Burgum, ministre chargé des terres fédérales, a soutenu que le charbon est la « colonne vertébrale de l’énergie américaine fiable », un point de vue qui contredit les conclusions scientifiques qui affirment que les centrales à charbon sont souvent plus coûteuses que les sources d'énergie renouvelables.
Une étude de Lazard, effectuée en 2025, a montré que le coût de l'électricité issue des énergies renouvelables est désormais compétitif par rapport au charbon, même sans subventions. En revanche, des élus démocrates de la Chambre des représentants ont dénoncé cette mesure en la qualifiant de favorisation des pollueurs au détriment des Américains, revendiquant une crise énergétique exacerbée par cette décision.
En effet, la production de charbon aux États-Unis a chuté de 50 % entre 2005 et 2020, avec une réduction de 90 % des emplois dans le secteur. Aujourd'hui, le charbon représente près de 9 % de l'énergie consommée, un niveau similaire à celui des énergies renouvelables.







