Cette réforme emblématique fait partie du programme phare de Peter Magyar, visant à "rétablir l'État de droit" en Hongrie.
Le 15 juin, les parlementaires hongrois ont adopté à une large majorité un amendement constitutionnel limitant à huit ans le mandat du Premier ministre, une décision qui pourrait freiner le retour de Viktor Orban. Ce texte, promesse de campagne du conservateur pro-UE Peter Magyar, a été voté avec 135 voix pour, 50 contre et six abstentions, grâce à la majorité constitutionnelle du parti Tisza.
Cet amendement impose une restriction de huit ans, qu'ils soient consécutifs ou non, pour l'exercice de la fonction. Pour Peter Magyar, qui a pris ses fonctions en mai après une victoire écrasante, cette réforme est essentielle pour "rééquilibrer les institutions" et faire régner le droit en Hongrie. "Un pouvoir illimité finit toujours par perdre toute forme de retenue", a-t-il déclaré lors de la présentation de la loi, en référence à son prédécesseur nationaliste. "À un moment donné, les intérêts de l'État, ceux du parti et ceux du dirigeant se confondent et il est crucial que chaque élu envisage sa succession".
Une opposition déterminée
Le parti Fidesz de Viktor Orban, désormais dans l'opposition, a fermement contesté cette limitation, arguant qu'elle restreint la volonté du peuple. "La loi Orban a été adoptée. C'était la question la plus urgente...", a ironisé Orban sur Facebook. "Si l'on a besoin de moi, je serai là", a-t-il affirmé après sa récente réélection à la tête de Fidesz.
Bien que cette nouvelle législation n'éradique pas complètement la possibilité d'un retour d'Orban, elle peut être annulée ultérieurement par une révision constitutionnelle, nécessitant une majorité qualifiée des deux tiers au Parlement. Des experts en politique hongroise, comme le politologue John Kovacs, notent que cette réforme pourrait signaler un effritement du pouvoir d'Orban et un renouveau démocratique, indiquant que "cela représente une opportunité pour un leadership plus responsable en Hongrie".







