Depuis le 28 décembre, des manifestations éclatent dans diverses villes iraniennes, défiant le régime des mollahs malgré une répression féroce. Les slogans, tels que "À bas le dictateur" et "Mort à Khamenei", résonnent de Téhéran à d'autres provinces, poussant les citoyens à réclamer des changements profonds.
Le mouvement a trouvé ses origines dans le cœur économique du pays. C'est au Bazar de Téhéran, symbole commercial, que les commerçants ont mis leurs boutiques sous cloche en réponse à l'hyperinflation qui touchent de plein fouet leurs revenus. D'après les informations rapportées par l'AFP, les manifestants sont désormais présents dans au moins 45 villes, incluant des zones rurales où la colère grandit.
Azadeh Kian, professeure à l'université Paris-Cité, souligne que même des villes traditionnellement conservatrices, comme celle du général Soleimani, rejoignent les rangs des contestataires. Ce mouvement, selon des experts, pourrait avoir un impact plus significatif que le précédent mouvement "Femme, Vie, Liberté" en raison de son ancrage économique.
La dévaluation du rial, qui a vu sa valeur atteindre des niveaux alarmants face au dollar, a ajouté au mécontentement populaire. Selon les économistes, la mauvaise gestion, conjuguée aux sanctions internationales rétablies, aiguise encore plus la colère de la population, particulièrement des jeunes et des familles touchées par la crise.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a récemment tenté d'introduire des réformes économiques, mais cela pourrait le conduire à s'attaquer aux intérêts des clans au pouvoir, créant ainsi des tensions internes au sein du gouvernement. "Les réformes risquent de se heurter à des résistances", déclare Bernard Hourcade, chercheur émérite au CNRS.
La violence des manifestations, elle, est alarmante. Selon l'ONG Iran Human Rights, au moins 27 manifestants ont été tués, et des centaines d'autres blessés. De plus, la police a intensifié les mesures répressives, allant jusqu'à cibler des hôpitaux où se trouvaient des blessés. Les tensions sont palpables alors qu'Ali Khamenei, le Guide suprême, reste inflexible à l'égard des manifestants.
Dans un contexte global déjà tendu, cette crise iranienne rappelle des enjeux plus larges de stabilité au Moyen-Orient, alors que le régime se retrouve de plus en plus isolé et fragilisé. "La situation pourrait rapidement devenir ingérable", prédit Kian, faisant écho à la voix croissante des citoyens désireux de changement.







